La bardane, une alliée contre le cancer ?
En collaboration avec notre partenaire Médecine Douce

Cette plante commune, souvent considérée comme une « mauvaise herbe », semble une thérapie efficace contre l'une des plus terribles maladies, le cancer. Entièrement comestible et très consommée au Japon, ses nombreuses vertus médicinales sont connues et appréciées depuis fort longtemps.
La bardane est une plante très commune dans nos régions, qui peut même s'apparenter à une « mauvaise herbe » ; elle pousse facilement, s'accommode de sols pauvres, mais aime le soleil. Ses fruits, des boules vertes munies de minuscules « crochets », font depuis toujours le bonheur des gamins des campagnes qui s'amusent à les accrocher aux vêtements de leurs camarades ou du passant. Originaire d'Asie et d'Europe, cette plante bisannuelle est également acclimatée en Amérique et très cultivée en Europe de l'Est. La bardane est encore appelée rhubarbe du diable, gobo, tabac du diable, rapace, graquias, toques, bourrier, choubourrache, glouteron, grateron, péterolle ; en anglais buron ; en chinois Woo Bang Ja ou Ngau Pong.
Appelée Ngau Pong en Chine et gobo au Japon, elle est consommée fraîche, comme un légume, dans ces deux pays, et en grande quantité au Japon. En Europe, on l'a beaucoup consommée dans les campagnes. On peut manger ses feuilles, à condition qu'elles soient très jeunes, car en se développant elles deviennent amères, et les pétioles des feuilles, crus ou cuits, lorsqu'ils ne sont pas amers, qu'on peut faire lacto-fermenter ; les toutes jeunes pousses se mangent crues, pelées pour en éliminer la partie amère ou conservées dans du vinaigre.
De multiples propriétés
La bardane entre dans de nombreuses préparations phytothérapiques.
La partie médicinale est principalement sa racine, riche en nitrate de potassium et en inuline ; elle contient également des polyènes et polyines, aux propriétés antibactériennes
, de nombreux acides alcools, cholérétique et diurétique, une gomme insoluble, une huile essentielle, des hormones végétales et une phytohémagglutinine.
En Chine et en Inde, on emploie la bardane pour traiter les infections respiratoires, les abcès et les douleurs articulaires. En outre, on utilise la décoction de semences, à raison de 10 à 20 grammes par tasse d'eau, pour traiter les tumeurs du sein ou d'une glande lymphatique, pour les maladies de l'appareil digestif comme les crampes d'estomac et en cas de manque de vitalité.
On soigne traditionnellement l'anémie avec des kinpira – littéralement «paix dorée» ou «morceaux précieux aplatis» – de bardane, obtenus en faisant cuire dans une poêle la racine découpée en allumettes. On fait sauter les morceaux pendant 2 ou 3 minutes dans de l'huile, on ajoute un peu d'eau et on laisse mijoter jusqu'à ce qu'ils soient tendres. On assaisonne d'un peu de tamari et l'on cuit quelques minutes encore, à couvert. Puis on retire le couvercle et laisse le tout sur le feu jusqu'à évaporation complète du liquide.
Depuis le Moyen Âge, on emploie la bardane pour traiter les tumeurs cancéreuses, les furonculoses, anthrax, dermatoses, acné, eczéma, plaies, teigne, les maladies vénériennes et les troubles de la vessie et des reins grâce à ses propriétés dépuratives. La plante est également sudorifique, diurétique, cholérétique, antidiabétique, antibiotique, notamment en cas abcès dentaires, topique, antivénéneuse. On l'a utilisée pour soigner la rougeole, la goutte, les rhumatismes et les morsures de vipères.
Le Dr Jean Valnet recommande d'utiliser la racine fraîche, et non séchée, car elle perd alors la plus grande partie de ses propriétés. Pour des traitements de longue durée, la teinture-mère ou l'extrait liquide alcoolisé semble préférable, mais mieux vaut demander conseil à un herboriste ou un phytothérapeute. Les gélules de poudre sont peut-être moins efficaces, puisqu'il faut faire une décoction quand on utilise la racine en poudre, en revanche la forme nébulisat est recommandée.
Des vertus anti-tumorales
Au XXe siècle, la bardane est entrée dans deux préparations destinées à combattre le cancer : la formule Hoxsey aux États-Unis et ESSIAC au Canada.
Des essais thérapeutiques ont montré que sa racine a une action anti-oxydante, hypoglycémiante, anti-inflammatoire, hépatoprotectrice, antiplaquettaire, et surtout antimutagène et anti-tumorale. Autrement dit, elle serait active pour lutter contre la prolifération anarchique des cellules, qui caractérise les cancers. Mais actuellement, aucun essai clinique sur les humains n'a été entrepris pour confirmer son efficacité thérapeutique. Cependant des témoignages confirment cette puissante action anti-tumorale.
Cette plante très active doit être consommée en observant certaines précautions. Elle est contre-indiquée pendant la grossesse, surtout au début. De plus, théoriquement, les effets de la bardane pourraient s'ajouter à ceux des plantes ou des suppléments ou des médicaments ayant une action hypoglycémiante ou antiplaquettaire.
Source : Céline Devaux, Magazine Médecine Douce - Mai 2006
mois de juin 2006
Retour à la revue de presse
|
haut de page
Mis en ligne avant janvier 2008
|