Les véritables enjeux du tourisme durable au Chiapas
En collaboration avec notre partenaire ECOtourisme magazine

Le développement de l’écotourisme dans l’Etat mexicain du Chiapas ne serait-il que de la poudre aux yeux?
Considérée comme une région pilote du pays en matière de développement écotouristique – pas moins de 52 projets y sont actuellement développés -, le Chiapas est également le terrain d’enjeux économiques à long terme. Cet Etat - le plus pauvre du Mexique - dispose d’atouts non négligeables pour développer un tourisme proche de la nature (magnifiques cours d’eau et cascades, riche biodiversité, cultures autochtones encore préservées). Mais le Chiapas regorge également de ressources naturelles - eau, pétrole, minerais de la forêt Lacandone - sur lesquelles l’Etat et de nombreuses multinationales souhaiteraient faire main basse, dénonçant « la présence illégale » de communautés zapatistes au sein de la réserve naturelle de Montes Azules qu’elles accusent d’être responsables de la dégradation de la forêt Lacandone. L’écotourisme pourrait-il bientôt justifier que l’on expulse des indigènes considérés comme « écologiquement incorrects » ?
Et quel crédit apporter aux projets écotouristiques financés par l’Etat du Chiapas et censés améliorer les conditions de vie des communautés qui en bénéficient, alors que parallèlement d’autres projets tel le programme « Mundo Maya » ou projet Palenque vise à créer un « centre intégralement planifié ».
Sous couvert de développer un tourisme culturel et écologique basé sur la découverte du monde Maya, le projet Palenque mené par la FONATUR - l’organisme de planification touristique du gouvernement mexicain déjà responsable des cinq centres intégralement planifiés de Cancun, Los Cabos, Ixtapa, Loreto et Bahias de Huatulco qui concentrent à l’année près de 40 % des touristes étrangers du Mexique - a d’autres ambitions.
D’ici 2020, le programme Mundo Maya prévoit d’accueillir dans cette région de l’est du Chiapas, 14,1 millions de nouveaux touristes dans 8 000 chambres d’hôtels répondant aux standards touristiques. Une manne de 7 milliards de dollars de bénéfice pour 30 000 emplois créés. On est bien loin des quelques éco-gîtes gérés par les communautés indigènes au cœur de selvas préservées.
Source : Sophie Vermande, ECOtourisme magazine - 2006.
En savoir plus
« Chiapas, région pilote pour développer l’écotourisme promu par la banque mondiale », par Hermann Bellinghausen, journaliste mexicain au quotidien La Jornada, 10 juillet 2005 – RISAL : Réseau d’Information et de solidarité avec l’Amérique latine : risal.collectifs.net
« Forum international du tourisme solidaire Chiapas 2006 », 14 mars 2006 – cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=288
Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL), 33 rue des Vignobles, 75 020 Paris
mois de septembre 2006
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Mis en ligne avant janvier 2008
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