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16-17-18 Sept. 2011
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18-19-20 Nov. 2011
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Revue de presse

Maison écologique

Récupérer l'eau de pluie

En collaboration avec notre partenaire Habitat Naturel

La sécheresse, la consultation sur l'eau, les problèmes de qualité de l'eau... L'eau est aujourd'hui au cœur de nos préoccupations, d'autant plus qu'une nouvelle sécheresse est déjà envisagée dans de nombreuses régions pour cet été... Que ce soit dans un souci d'économie, de recherche d'autonomie ou d'écologie, de plus en plus de particuliers, de collectivités et d'entreprises s'équipent pour récupérer la précieuse eau de pluie.

La consommation d'eau par habitant en France a été presque multipliée par trois entre 1960 et 2000. Aujourd'hui la consommation moyenne est de 150 litres d'eau par jour et par personne. Ce qui est apparu comme un grand progrès dans les années 60 s'est traduit par un non-sens aujourd'hui : avons-nous réellement besoin d'une eau potable pour les toilettes, le jardin, les plantes et le linge ?

Le budget d'un foyer de 4 personnes oscille aujourd'hui entre 380 et 538 euros par an. Le prix moyen du m3 est de 3,2 € et dépasse même 4,47 € dans certaines régions. Il est en constante augmentation et devrait augmenter d'environ 10% par an dans les prochaines années.

Il est temps de changer notre comportement vis-à-vis de cette ressource fragile. Laver sa voiture peut consommer, 190 l, le lave-linge consomme 120 l, une chasse d'eau standard 11 litres !

Economiser avant tout...

De la même façon qu'adopter une énergie renouvelable commence par une réduction de ses consommations en énergie, la première démarche à faire avant d'utiliser l'eau de pluie est de réduire sa consommation d'eau pour atteindre la plus grande autonomie possible. Douchettes, réducteurs de pression, chasse d'eau double flux, traque des fuites, douches écourtées, bains rares, machines à laver et lave-vaisselle économes, récupération d'eau de pluie pour le jardin... Les sources d'économies sont nombreuses et nécessitent peu d'investissement.

Economiser l'eau, c'est ménager les nappes phréatiques qui alimentent nos réseaux, tout en faisant des économies. À terme, cela limite les volumes d'eaux sales à traiter, donc les investissements à réaliser par la collectivité, et les volumes de déchets de stations d'épuration (boues) dont l'élimination est délicate.

Dehors ou dedans ?

Recherchez-vous simplement une solution pour le jardin ou êtes-vous prêts à faire rentrer l'eau de pluie dans les circuits de la maison ?

Dans le premier cas, il vaut mieux rechercher une solution économique comme les grands collecteurs d'eau que l'on trouve jusqu'à 500 litres. Par exemple, le système Gardena : 110 € le collecteur de 400 l, récupérateur –filtre 77,50 €, pompe 60 W : 140 €. On trouve toute une gamme d'accessoires : robinets, pompes, récupérateurs à fixer sur les descentes d'eau...

Dans le deuxième cas, souhaitez-vous obtenir une autonomie maximale et brancher tous les robinets sur l'eau de pluie ou vous en tenir au minimum, c'est-à-dire à l'alimentation des WC et du lave-linge ? Rappelons que les WC représentent environ 1/3 de vos consommations et le lave-linge 10%...

Bien dimensionner l'installation

S'ensuit un savant calcul où l'intervention d'un bon professionnel s'impose. Il faut en effet trouver le bon compromis entre budget, autonomie souhaitée, habitudes de vie, pluviométrie de la région, surface de toiture... Un collecteur permet de récupérer 80 à 90 % de l'eau qui tombe du toit d'une averse. Pour satisfaire uniquement les besoins des WC d'une habitation, il faut environ 20 à 25 m2 de toiture par personne.

« Dans une région de pluviométrie d'environ 750 ml d'eau par an, une toiture de 100 m2 devrait pouvoir stocker 15 000 litres théoriquement, mais les cuves de cette taille sont difficiles à installer à l'échelle d'un particulier, explique Isabelle Bayart, responsable d'Is'eau Energie (86). Les cuves font généralement entre 7 et 10 m3, une partie de l'eau est donc perdue dans le trop-plein, ce qui doit être pris en compte dans les simulations. »

Ces débordements réguliers évacuent les impuretés et améliorent la qualité de l'eau. En moyenne, une toiture française de 100 m2 permet de récupérer 60 m3 d'eau de pluie par an (avec une cuve d'au moins 12 m3 et une utilisation sur toute l'année). Tout comme pour les énergies renouvelables, il faut donc une source d'appoint : l'eau du réseau, mais attention, les canalisations doivent être bien distinctes, voire si possible de couleur différente.

Le système de récupération

La cuve

Elle est en béton ou en polyéthylène. Le béton présente un bon rapport qualité/prix et agirait positivement sur le pH de l'eau, même si certains installateurs recommandent de la neutraliser avant son stockage. Les cuves en polyéthylène nécessitent une plateforme béton solide pour qu'elles ne se déforment pas. Il peut être judicieux de placer un bloc de calcaire au fond de la cuve pour neutraliser l'acidité naturelle de l'eau de pluie.

Cette cuve est enterrée dans votre jardin, généralement à 50 cm du niveau du sol, si possible ailleurs que sur une zone de passage de véhicules. Un regard permet d'y accéder pour l'entretien. Un trop plein avec une protection anti-rongeurs dirige l'eau en cas de débordement vers le réseau d'eaux pluviales. La cuve peut être équipée d'un système d'aération.

La pré-filtration

La cuve est remplie par les eaux pluviales de toiture, préalablement filtrée pour éliminer les branches, feuilles, mousses... qui pourraient créer de la vase. Ce pré-filtre, peut être enterré ou placé dans la citerne, auto-nettoyant ou non. Il peut aussi être remplacé par un bac de décantation situé avant la citerne principale. Les matières en suspension s'y déposent et l'eau pré-filtrée passe dans la cuve par débordement. Comptez de 10 à 20 litres de stockage par m2 de toiture pour ce bac.

La pompe

La pompe est après la citerne, le deuxième investissement important de l'installation. Elle est équipée d'une sécurité en cas de cuve vide. Selon les installations, le passage de l'eau de pluie à l'eau du réseau public est manuel (une jauge permet de connaître le niveau de la cuve) ou automatique (pompe intégrée dans une « station de pilotage »). « Je préconise l'installation de certains accessoires comme le flotteur sur pompe, qui permet de ne pomper qu'entre deux eaux à environ 20 cm sous le niveau », explique Isabelle Bayart.

Le circuit

La pompe renvoie l'eau dans le circuit de la maison, vers les points de distribution choisis tout près de l'arrivée d'eau du réseau. L'eau passe alors dans un filtre à 50 ou 10 microns selon les utilisations. Un disconnecteur double clapet anti-retour sécurise la séparation des deux arrivées : il est impossible d'envoyer de l'eau de pluie dans le réseau de la ville.





Sodev'eaux propose un kit de récupération de 1 à 30 m3 complet avec connecteur de gouttières, réservoir souple et système de raccordement. Le Réservoir souple à eau est fabriqué en tissu pvc identique à celui des bateaux pneumatiques ; il résiste à des températures de -30° à +70°. L'eau est en permanence en contact avec la toile, de fait il n'y a pas de pollution par des agents externes. Le collecteur a une capacité de récupération de 90%, il est équipé d'un filtre. Le réservoir est semi enterré ou simplement posé sur le sol.

La qualité de l'eau

L'eau de pluie est idéale pour le jardin et les plantes. Non calcaire, elle augmente le pouvoir lavant des lessives et évite l'utilisation d'adoucissants particulièrement néfastes pour l'environnement. Elle use moins les lave-linge que les eaux calcaires.

Elle n'est cependant pas potable telle quelle. Si l'eau alimente la cuisine, elle doit repasser par un filtre plus fin constitué, par exemple, d'une cartouche en céramique associée à un filtre au charbon actif (Doulton par exemple), installé sous l'évier de la cuisine. « On se focalise beaucoup sur la potabilité de l'eau de pluie, mais en réalité, si l'installation est correcte, on ne capte pas plus de bactéries par l'eau de pluie que sur un fruit mangé directement sur l'arbre. Les véritables risques d'une eau polluée sont plutôt au niveau de l'inhalation, dans une douche qui génèrerait beaucoup de vapeurs par exemple, explique Isabelle Bayart. » Ceci n'exclut pas une analyse régulière de l'eau qui peut aussi être traitée aux UV et passer par un régulateur de pH selon son acidité. Il existe aussi des techniques pour améliorer la qualité de l'eau (Grander).

Combien ça coûte ?

Le coût de l'installation varie entre 3 et 5 000 € en matériel, auxquels se rajoutent les frais de plomberie et surtout l'enterrement de la cuve. L'idéal est de le prévoir dans un projet de construction neuve et d'enterrer la cuve au moment des fondations, cela évite des coûts de terrassement supplémentaires. L'installation ne nécessite pas de déclarations de travaux, une déclaration à la mairie est nécessaire pour les logements raccordés à l'assainissement collectif.

L'entretien du système

En période de pluie, il faut nettoyer environ une à deux fois par mois le pré-filtre de la cuve, pour optimiser son remplissage. Il faut aussi veiller à ce que les gouttières soient propres : hérisson au niveau de la descente, nettoyage des feuilles mortes et débris deux fois par an. La cuve doit être lavée tous les 5 ans environ. La qualité de l'eau sera contrôlée une fois par an.

Is'eau Energie

Is'eau Energie est une jeune entreprise de distribution de matériel de récupération d'eau de pluie, active en Bretagne, Poitou-Charentes et Pays de Loire. Isabelle Bayart assure une prestation de conseil auprès du client et du plombier qui installe le matériel. Elle est présente sur le chantier. Is'eau Energie distribue aussi des accessoires pour économiser l'eau (douchette, réducteurs de pression...) et le système ETS (mini chauffe-eau réducteur de pression placé sous l'évier qui permet de raccourcir le temps d'arrivée de l'eau chaude du chauffe-eau au robinet et donc d'économiser de l'eau).

Avant de commercialiser ces produits, Isabelle Bayart les a testé sur sa propre maison, située en Poitou-Charentes. La consommation annuelle de la maison (4 personnes) est passée de 200 à 80 m3/an sans aucune perte de confort. La maison dispose d'une surface de toiture de 220 m2. Le système de récupération d'eau a coûté environ 3 500 € TTC, l'installation (sur une maison ancienne) 2 000 €. La maison est entièrement branchée sur l'eau de pluie et atteint une autonomie en eau de 60 à 70% (en 2004 – 2005 années de sécheresse) avec une cuve de 10 000 litres. L'eau potable est distribuée par un deuxième robinet, équipé d'un filtre Doulton.

Une technique éprouvée

Si encore une fois la France est en retard, elle bénéficie de l'expérience des pays voisins qui utilisent ces techniques depuis plus de 20 ans : Belgique, Allemagne, Suède, Norvège et Hollande cumulent plus de 100 000 installations par an. Les particuliers français commencent à s'y intéresser, mais aussi les entreprises et les collectivités, notamment les lycées.

La ville de Saint-Denis (93) équipe son marché couvert d'un système de récupération. Le promoteur privé Nexity a intégré un système de récupération pour alimenter les chasses d'eau de 97 logements HQE à Courbevoie (92). Renault a mis en place, dans son usine de Maubeuge, un système de recyclage des eaux pluviales pour alimenter la chaîne de fabrication, qui lui a valu une économie de 71 300 m3 d'eau potable en 2004... Chez le particulier, l'utilisation de l'eau de pluie permet une économie significative sur les postes lessive, nettoyage, jardin et WC, soit 53% de notre consommation quotidienne !









Une maison entièrement autonome en eau depuis 30 ans grâce à ses 250 m2 de toiture alimentant deux cuves de 9 et 20 m3, la petite étant réservée à l'usage du jardin.

Une maison en site isolé en Bretagne

La maison a été construite en 1977, puis agrandie en 2000, pour doubler sa surface. Après deux forages secs, il est apparu que seule une alimentation par l'eau de pluie était possible, la maison étant située à 1 km du réseau de la ville. Elle est donc entièrement autonome en eau depuis 30 ans grâce à ses 250 m2 de toiture alimentant deux cuves de 9 et 20 m3, la petite étant réservée à l'usage du jardin. La grande cuve, située sous la maison, a été faite en même temps que les fondations. L'installation s'est étalée sur plusieurs années, elle coûterait aujourd'hui environ 7000 euros. Le coût de maintenance est de l'ordre de 120 €/an , lié surtout à l'usage de la lampe UV. L'installation actuelle (O'Top) de 20 m3 comprend :

  • 1 bac de décantation au pied de chaque gouttière,
  • 1 cuve en béton avec liner de qualité alimentaire en sous-sol,
  • 1 pré-filtrage à 50µ (à changer tous les 3 mois),
  • 1 module de filtrage à 5µ à charbon actif, minéralite et cataliothope, PH augmenté, absorption des pesticides éventuels, filtrage des métaux lourds (à changer tous les ans),
  • 1 lampe UV avec comptabilisation de la consommation d'eau et du temps de fonctionnement,
  • 1 ballon de stockage de 150 litres qui maintient une pression de 3 bars,
  • 1 pompe.

La frilosité administrative

Malheureusement, la France se heurte à un vide juridique. Au regard des textes en vigueur, il n'est guère évident de savoir si l'utilisation d'une eau non traitée (pluie ou puits) est autorisée ou non pour certains usages intérieurs au bâtiment. La décision est laissée à la libre appréciation des ingénieurs des directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS).

D'autres problèmes sont posés avec la facturation de l'assainissement. Pourtant, les choses changent. La TVA à 5,5% est applicable si la maison existe depuis plus de 2 ans et un crédit d'impôt de 40% est actuellement à l'étude ! (Projet de loi Denis Merville, du 28/02/06) Le CSTB conduit actuellement plusieurs études sur le sujet de la récupération de l'eau de pluie pour les immeubles collectifs. La CAPEB Poitou-Charentes a mis en place une formation d'une journée permettant d'obtenir un label « Qualipluie » ouvert à tous les artisans.

La région Poitou-Charentes vise l'excellence environnementale

Pour sensibiliser les populations à la rareté de l'eau, la Région a lancé fin 2005 une opération pilote d'aide à la récupération d'eau de pluie chez les particuliers pour sensibiliser sur les économies d'eau. Les bénéficiaires doivent justifier d'un équipement domestique satisfaisant (chasse d'eau à double volume, réducteur de pression...). Ils pourront alimenter les WC de l'habitation avec de l'eau pluviale récupérée. La subvention est de 700 € pour une cuve de 2500 l ; puis 200 € par tranche de 2500 l supplémentaires, avec un maximum de 1.300 € (habitations principales et limites de revenu imposable). Dans le même esprit, une opération « 10 000 tonneaux » incite à placer des collecteurs sous ses gouttières pour l'arrosage des jardins.

Pour aller plus loin :
  • Le guide malin de l'eau au jardin : écologie et économie, J.P. Thorez, Terre Vivante, 2005
  • De la maison autonome à l'autonomie de penser, P. Baronnet, éd. Le Souffle d'Or, 1997
  • Pluvalor & Traiselect : Introduction à la gestion écologique de l'eau dans la maison, J. Orszàgh, Trophia Environnement, Dinnsheim, 2000
  • L'eau à la maison, S. Cabrit-Leclerc, Terre Vivante, 2005

Source : Magazine Habitat Naturel - Mai/Juin 2006.

mois de juillet 2006

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Mis en ligne avant janvier 2008

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