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Revue de presse

Maison écologique

Comment transformer un habitat conventionnel en maison performante ?

En collaboration avec notre partenaire

 

Certes, tout le monde rêve d'habiter une fantastique maison bioclimatique, économe en énergie, confortable… Seulement la réalité est bien souvent tout autre. La majorité de nos constructions récentes sont faites de parpaings mal isolés, de menuiseries PVC, et d'équipements électriques très gourmands. C'était le cas de Marc Tricot, plombier chauffagiste en Poitou-Charentes, jusqu'à ce qu'il s'atèle à la transformation de sa maison.

La maison, d'une surface habitable de 118m², a été construite en 2000 et fait partie d'un petit lotissement, comme on en trouve des centaines en France. Elle devait recevoir 20 cm de laine de verre pulvérisée en toiture, ce qui lui donnait le label Promotelec.
Malheureusement, dans la pratique, cette isolation atteint péniblement 15 cm voire 2 cm par endroits. « La maison était prévue pour avoir du chauffage électrique, explique Marc Tricot, il a fallu batailler pour mettre une chaudière fioul et des radiateurs adaptés. Et encore… les tuyaux n'étaient pas isolés et ont même gelé au grenier ! Nous chauffions les petits oiseaux et ne dépassions pas les 12°C dans les chambres ! »

 

Source : Gwenola Doaré, Magazine Habitat Naturel - N°15 Juillet Août 2007.

 

Etape 1 : Renforcer l'isolation

La première action de Marc a été de renforcer l'isolation du toit par la pose de laine de roche en plaque pour pallier l'urgence. Il est prévu d'insuffler de la ouate de cellulose dès que le budget le permettra. L'isolation des murs extérieurs et des plafonds a ensuite été doublée par l'intérieur de plaques de liège de respectivement 3 et 4 cm recouvertes d'un lambris bois naturel.
« La différence a été immédiatement significative entre les pièces non isolées et les pièces isolées, explique Marc. A chauffage égal, la différence de température était de l'ordre de 5 degrés d'une pièce à l'autre ! » Heureusement, la maison est déjà équipée de doubles vitrages. Le coût de la sur-isolation en liège est d'environ 250 € par pièce (marque Corkisol).

 

Etape 2 : Changer la source d'énergie

Il n'était pas question d'utiliser les « grille-pains » prévus dans toute la maison par le constructeur. « La production de chaleur à partir d'électricité a un très mauvais rendement (sans parler du rendement des centrales nucléaires, ni des pertes sur les lignes à haute tension). C'est en outre un chauffage peu confortable : à proximité du convecteur, l'air est chauffé, monte dans la pièce, se refroidit au contact des murs et redescend pour être à nouveau chauffé. Ce mouvement d'air perpétuel dans la pièce n'est pas agréable et favorise le déplacement de poussières et d'acariens. Nous avons donc opté pour une chaudière fioul dans un premier temps, puis rapidement nous avons installé un chauffage solaire. »

L'orientation de la maison ne permettait pas de poser les 24 m² de capteurs en toiture. Ils ont donc été posés dans le jardin avec une inclinaison de 45°. « Pour favoriser l'ensoleillement hivernal, on aurait pu les orienter à 60° mais ils sont déjà surdimensionnés par rapport aux besoins. Ils alimentent aussi l'eau chaude sanitaire ». Le chauffage combiné (Giordano) a coûté environ 15 000 €. Il ouvre droit aujourd'hui à un crédit d'impôts de 50% sur le matériel TTC ainsi qu'à des aides régionales.

 

Etape 3 : Changer le mode de diffusion

Le chauffage solaire est un chauffage basse température. L'idéal est donc de relier les capteurs à un plancher chauffant, malheureusement trop coûteux et trop compliqué à installer dans de l'existant. La solution a donc été d'installer des murs chauffants, partout où cela a été possible.
Le mur chauffant fonctionne sur le même principe : de l'eau circule en circuit fermé dans un serpentin multicouche (polyéthylène, aluminium et polyéthylène). Selon les besoins, un ou deux serpentins peuvent être intégrés dans le mur. Ils sont fixés prioritairement sur les murs extérieurs.

Marc a posé lui-même l'ensemble des murs chauffants basse température, soit 40 m² de surface (40% de la surface au sol à chauffer). « Avec les murs chauffants, 90% de la chaleur est émise sous forme de rayons infrarouges. Les 10% de convection se situent dans une zone de 15 cm devant les murs. Tous les objets de la pièce absorbent et reflètent le rayonnement de la chaleur ce qui se traduit par une chaleur homogène pour un confort maximum. » L'augmentation de la température des murs permet de réduire la température de l'air tout en gardant le même confort thermique. L'air est moins sec, plus sain et les coûts de chauffage sont inférieurs.

Pour des raisons pédagogiques, Marc Tricot les a laissés apparents, mais généralement on y applique un enduit de terre ou de chaux, un enduit respirant, qui apporte de l'inertie. Il faut compter 30 à 50% de surface de murs chauffants par rapport à la pièce à chauffer. Seule contrainte, on évitera de placer des meubles devant les murs équipés et on sera vigilant en cas de percement du mur. Le coût d'un mur chauffant est d'environ 100 €/m2 posé.

 

Etape 4 : L'autonomie électrique

L'artisan engagé se spécialise dans le solaire. Il pose 14 m² (soit 1750 Wc) de capteurs photovoltaïques à côté des capteurs thermiques dans le jardin. « Désormais, le soleil assure une autonomie financière globale sur l'année en électricité et environ 60% en termes de production. » Une performance obtenue avec un comportement et des équipements économes en énergie. L'installation a coûté environ 15 000 €, financée à 70% entre l'ADEME et la Région (régime antérieur au système du crédit d'impôts qui est aujourd'hui de 50% sur le matériel TTC).

 

Etape 5 : Changer l'appoint

Vivant dans une région boisée, à proximité d'une forêt domaniale, la décision d'utiliser le bois énergie semblait évidente. Le circuit court direct a été retenu, sans transformation du combustible, limitant ainsi au maximum l'impact sur l'environnement. Le fioul sera d'abord combiné avec le système solaire, avant de disparaître complètement au profit du bois.
La solution chauffage au bois retenue, est une chaudière à bois bûche « hydro-bois », fabriquée par Energie 79. Cette chaudière alimente deux ballons utilisés en hydro-accumulation afin d'améliorer le rendement : un ballon d'hydro-accumulation de 500L et un autre de 1270L appartenant au système solaire combiné (eau chaude sanitaire et chauffage). Deux chargements permettent une autonomie de 48h par temps froid et non ensoleillé ; l'apport solaire sera prioritaire sur l'énergie bois grâce à la stratification. « Il est possible de séparer hydrauliquement l'apport solaire de l'apport bois. S'il y a beaucoup de soleil, je laisse les deux ballons chauffer par le solaire. »
Cet hiver, la chaudière a été utilisée environ une fois par semaine, pas plus, le solaire ayant été suffisant. La chaudière a coûté environ 6000 € installée. Elle ouvre droit à un crédit d'impôts de 50%, ainsi qu'à des aides régionales.

 

Etape 6 : Une ventilation efficace

La maison est équipée d'une VMC. « Pour l'instant, je ne l'utilise pas. Elle mettrait la maison en dépression et favoriserait la diffusion de poussière de laine de verre par tous les passages de gaines. Je compte installer une VMC double-flux avec récupérateur de chaleur (l'air sortant préchauffant l'air entrant) plus tard, une fois que l'isolation en ouate de cellulose sera faite. En attendant, j'investis dans un puits canadien. »

Le puits canadien ou puits provençal devrait apporter quelques précieux degrés gratuits supplémentaires. Le principe est d'utiliser la chaleur de la terre exactement comme en géothermie. Des tuyaux de 160 mm vont être enterrés dans une tranchée d'environ 35 m de long à 2 m de profondeur, là où la température est en moyenne à 17° en été et à 4° en hiver (selon les régions). L'apport d'air se fera par l'intermédiaire d'un groupe de transfert. Ainsi, après passage dans la terre, l'air préchauffé ou pré-refroidi génère une économie de chauffage en hiver et un rafraîchissement naturel en été. Le coût du puits canadien est d'environ 3000 € hors terrassement.

 

Etape 7 : Récupérer l'eau de pluie

La région souffre régulièrement de sécheresse. Marc a prévu d'enterrer une cuve de 20 m3 pour récupérer l'eau de pluie. La cuve alimentera les toilettes et l'arrosage du jardin.

 

Une installation exemplaire

Aujourd'hui, le coût de fonctionnement de la maison s'élève à environ 100 € par an (2 à 3 stères de bois). La maison est autonome en énergie, bientôt en eau et son bilan sera encore amélioré lorsque l'isolation complémentaire sera terminée et le puits canadien en service. L'installation Energie79 a été l'une des 6 retenues parmi 300 projets d'installateurs et a été présentée au salon Bois Energie d'Orléans du 19 au 22 avril 2007.
« Il est toujours plus facile de faire bien dès la conception de la maison. Malheureusement, en 2000, tout ce matériel n'était pas suffisamment distribué en France pour faire mieux. Cette installation est cependant reproductible dans la plupart des maisons existantes. Espérons que l'expérience fera tache d'huile ! »

 

mois de juillet 2007

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Mis en ligne avant janvier 2008

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