> Tempête du Sud-Ouest
Des conséquences humaines, économiques et écologiques
Conséquences "dramatiques" de la tempête pour les forêts et les sylviculteurs
À peine remise des blessures de la tempête du "siècle" de 1999, la forêt des Landes de Gascogne a été à nouveau dévastée par des vents extrêmement violents. Plus largement, "en région Aquitaine, cet événement exceptionnel a occasionné des dégâts sur le peuplement forestier aussi importants, sinon plus, que ceux de la tempête de 1999" souligne Bertrand Lefebvre, délégué national aux risques naturels à la Direction nationale de l’Office National des Forêts. En effet, selon le syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, la tempête a ravagé 60 % de la forêt dans le sud de la Gironde et les Landes. Interrogé par Metro, Bertrand Lefebvre estime qu’"il faudra patienter de 60 à 80 ans avant que la forêt ne se reconstitue".
Le massif des Landes de Gascogne est le plus grand d’Europe avec 1,2 million d’hectares, dont 80 % de forêts plantées en pins maritimes. La tempête de décembre 1999 reste un traumatisme et la référence majeure en terme de catastrophe naturelle pour les forêts : outre les 92 morts qu'elle avait causés, 270 millions d'arbres au total avaient été jetés à bas et trois ans de récolte anéantis.
La filière bois représente en Aquitaine un chiffre d’affaires de 2,6 milliards d’euros avec 40 000 sylviculteurs auxquels s’ajoutent 34 000 emplois directs (dans la papeterie, les emballages, les scieries, la charpente, la menuiserie, les meubles).
Le massif forestier du Sud-Ouest est exploité par de nombreux petits propriétaires qu'un tel événement frappe de plein fouet. « Sur le terrain, ce sont des centaines d’hectares qui sont au sol ou cassés à quelques mètres », affirme Éric Dumontet, le secrétaire général adjoint du Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest. Selon lui, 300.000 hectares de forêts environ ont été détruits par la tempête - dont 90% dans les Landes - soit près du tiers du massif des Landes de Gascogne.
Christian PINAUDEAU, secrétaire général du syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, estime qu'il faudra 20 à 25 ans pour réparer les dommages de la nouvelle tempête et réclame des aides publiques pour éviter de lourdes conséquences économiques. "Il va falloir des mesures de financement très fortes et éviter, comme cela a été le cas depuis dix ans, que les aides arrivent au compte-gouttes, d'autant que juridiquement, en France, il n'existe pas de concept de catastrophe naturelle en forêt et donc pas d'assurance", juge-t-il avant de souligner l'impact sur l'écosystème des Landes : "Je rappelle que cette forêt à un rôle de pompe à eau dans une zone de sols humides, et est également très utile pour la fixation des sols."
Présent au lendemain de la tempête en Gironde, le président de la République, Nicolas Sarkozy, s’est dit conscient de la situation : « Avec les ministres de l’Ecologie et de l’Agriculture, nous allons mettre en place un plan spécifique pour valoriser les forêts, et faire en sorte que tout le bois tombé à terre soit récupéré. Nous allons également aider les propriétaires privés comme publics pour cette récolte, afin de faire de cette crise une opportunité d’accélérer le développement de l’énergie renouvelable autour de la filière forestière ».
Sources :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/01/25/consequences-dramatiques-de-la-tempete-pour-les-forets_1146300_3244.html
http://cdurable.info/Tempete-Landes-Consequences-dramatiques-pour-la-foret-Aquitaine,1478.html
http://www.lexpress.fr/actualites/2/la-filiere-du-bois-durement-touchee-par-la-tempete_736090.html
L’écosystème mis en péril
Jean-Luc Peyron, directeur du Groupement d'intérêt public Ecosystème forestier, dresse un premier bilan de la situation moins dramatique que l’on pourrait croire au premier abord. Des modifications interviendront sûrement mais rien ne serait irréversible.
Néanmoins, l’écosystème peut subir des changements : accroissement de l’humidité, préjudiciable aux landes, augmentation de la lumière (les arbres font habituellement écran) provoquant l’apparition de nouvelles plantes et gênant les nouveaux semis d’arbres, diminution de la fertilité suite au passage des engins mécaniques …
Pour préserver ce qui peut encore l’être, Jean-Luc Peyron conseille de ne "pas agir dans la précipitation en matière d'exploitation et de déblaiement du bois, pour ne pas fragiliser davantage les sols". Il déclare "qu’il est également nécessaire de se poser la question du futur de la forêt, des façons, y compris techniques, dont on pourrait la préserver face à ce type de phénomène". Selon lui, sans problème majeur, "on peut compter entre 10 et 20 ans pour permettre à l'écosystème de revenir à un fonctionnement qui différera peu de ce qu'il était avant la tempête".
Source :
Interview de Jean-Luc Peyron sur :
http://www.lexpress.fr/
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Document mis en ligne en février 2009