> En bref
Écogeste : en ville aussi on composte ses déchets
Il y a ceux qui trient leurs déchets et ceux qui vont jusqu’à les composter. On croyait la pratique réservée à la campagne ou aux détenteurs de jardins. Effet de mode ou prise de conscience, les particuliers urbains sont de plus en plus nombreux à vouloir faire de leurs restes de repas un engrais biologique. Pas facile quand on habite un petit appartement sans balcon. C’est pourquoi à Lyon, Grenoble ou Rennes, les expériences de compostage collectif se multiplient. Depuis 2006, l’agglomération rennaise encourage les habitants d’immeubles à adopter la pratique : munis d’un bio-seau pour stocker épluchures, marc de café ou fleurs fanées, ils n’ont plus qu’à vider leur «collecte» dans un des composteurs installés par la ville. En bois ou en plastique, ces bacs transforment en humus tous les résidus de cuisine et au bout de neuf mois, le compost ainsi obtenu peut être versé dans les bacs à fleurs des participants. Depuis le début de l’opération, près de 150 sites de compostage ont pris place en pied d’immeubles.
Les enjeux, on les connaît : réduction des déchets, donc diminution des volumes incinérés ou enfouis, donc protection de la nature, des ressources naturelles et de la biodiversité. Mais aussi réduction des coûts de collecte et de traitement des déchets pour les collectivités et renforcement du lien social autour d’un projet citoyen.
Cette année, la ville de Paris tente elle aussi de relever le défi. Début avril, elle a lancé un appel à projets : copropriétés, immeubles ou bailleurs sont invités à expérimenter le compostage collectif gratuitement.
S’il se démocratise, le compostage urbain conserve son niveau expérimental en France, alors qu’il est généralisé en Suisse. Les plus grandes agglomérations, comme Genève, ont même opté pour la collecte en porte-à-porte. Ils partent pour la plupart en usine de méthanisation pour produire de l’électricité et du chauffage. Le reste sert à la production de compost. D’après l’expérience rennaise, sur une moyenne de quinze familles volontaires par site, le compostage collectif permettrait d’alléger la facture des collectivités d’une tonne et demie de déchets par an et par site. A 150 euros le traitement de la tonne de déchets ménagers, le gouvernement pourrait y voir une mesure de rigueur…
Source :
http://mneaquitaine.wordpress.com/2010/06/22/et-si-en-ville-aussi-on-se-mettait-au-compostage-de-ses-dechets/
Document mis en ligne en juillet 2010