> Interview
Ecole Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme
(Parc de Branféré).
Sophie VERNEUIL MALEYRAN, Directrice
"Il faut penser global, changer notre mode de consommation, se poser les bonnes questions"
Nous connaissons tous la Fondation Nicolas Hulot. Mais qu’est ce que l’Ecole Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme ?
En fait, il ne s’agit pas d’une école au sens ou l’on l’entend d’habitude mais d’un centre d’éducation à l’environnement et la biodiversité. Ce centre est porté par une association loi 1901, entité juridique à part entière, mais soutenue par la Fondation Nicolas Hulot et la Fondation de France (propriétaire du parc de Branféré, œuvrant dans le domaine de soutien de projets permettant d’accompagner l’évolution de la société) ainsi que d’autres partenaires.
Situés aux abords du parc de Branféré sur la commune de Le Guerno (56), nous accueillons des scolaires en classe nature, des enfants en séjours de vacances, des entreprises en séminaires et des familles lors de séjours thématiques. Pour le grand public, nous organisons des animations, des conférences, des visites du parc de Branféré (parc animalier). Le lieu est propice à la découverte de la biodiversité et de l’environnement.
De quelles manières intervenez-vous en faveur de l’écologie et du développement durable ?
Notre mission principale est éducative : nous engageons des actions de sensibilisation auprès de différents publics, (scolaires, grand public, familles, professionnels) sur le thème de l’environnement et de la protection de la biodiversité et, par extension, de l’éco-citoyenneté et du développement durable. Le parc animalier et l’environnement proche, nous servent de terrain d’expérimentation et illustrent les problématiques que nous développons. L’observation de la nature et des animaux qui l’occupent permet de prendre conscience des conséquences de nos actes quotidiens sur le reste de la planète. C’est notamment parlant pour les enfants : leur sympathie pour les pandas, les girafes, les singes… les aide à faire le lien avec ce qui se passe à l’autre bout du monde.
Notre rôle est indirect en faveur du développement durable : nous sensibilisons, nous expliquons les problématiques environnementales mais c’est aux visiteurs, aux enfants, de faire ensuite leurs propres choix en toute responsabilité. Néanmoins, pour les aider, nous sommes aussi force de proposition pour agir en éco-citoyen au quotidien. Au travers d’animations pédagogiques, programmes de classes découvertes, visites, conférences, nous abordons de nombreux thèmes comme le recyclage (tout le monde peut le faire à la maison) ou l’éco-consommation… Nous donnons des clés pour acheter uniquement ce qui est nécessaire, consommer des fruits et légumes de saisons, faire attention à la provenance des produits (pour notre mobilier de terrasse, par exemple, préférer les bois provenant d’une forêt gérée durablement).
Des projets pour aller encore plus loin dans vos missions de sensibilisation ?
Oui bien sûr. Pour le moment, nous nous sommes surtout adressés aux enfants et aux visiteurs du parc. Nous ne pouvons accueillir les familles que le temps d’un week-end et d’animations ponctuelles faute de possibilité d’hébergement et nous avons peu travaillé avec le milieu professionnel. Nous voulons maintenant diversifier notre public car les problématiques environnementales concernent l’ensemble de la société. Les entreprises, par exemple, sont encore trop peu sensibilisées au développement durable et à la protection de la nature. Convaincus, qu’il faille repenser toutes nos activités et modes de production, nous souhaiterions engager des campagnes de sensibilisation qui concernent les entreprises (tri sélectif, provenance des fournitures, énergies renouvelables…). Pour cela, il faut pouvoir engager avec elles de vraies démarches, sur plusieurs jours.
Vous proposez une animation pédagogique lors de Viv’expo Rennes à l’automne prochain. De quoi va-t-il s’agir ?
Nous reprenons une campagne de sensibilisation de la Fondation Nicolas Hulot, proposée dans le cadre du "défi pour la Terre" et intitulée "Des fraises au printemps". Quels liens entre nos choix alimentaires et la santé de la planète ? La démarche est propice à discussions et réactions. Par le biais d’outils pédagogiques destinés aux scolaires et aux familles, nous voulons faire passer un message : le contenu de notre assiette, que nous choisissons, a un impact direct sur l’environnement. Un jeu de palais permet, tout en s’amusant, de retrouver la saisonnalité des fruits et légumes et de parler de l’empreinte écologique.
Qu’attendez-vous du salon Viv’expo ?
Nous souhaitons faire connaître nos actions et donner envie aux gens de venir participer à nos journées de sensibilisation. Par exemple, les 12 et 13 septembre prochain, se déroulera notre temps fort de l’année durant lequel animations, spectacles, expositions et débats seront au rendez-vous sur le thème "Comment stopper l’érosion de la biodiversité". Il nous faut donc accroître notre notoriété dans la région. Et puis, le salon est l’occasion d’aller à la rencontre du grand public. Les visiteurs de Viv’expo sont déjà très sensibilisés aux problématiques que nous développons : c’est l’opportunité pour nous d’aller plus loin dans la discussion et d’aborder des choix plus contraignants mais nécessaires. Il faut maintenant penser global, changer notre mode de consommation, se poser les bonnes questions : l’écologie doit prendre en compte de nombreux paramètres et nous sommes tous des acteurs potentiels de cette évolution. Grâce à des salons comme Viv’expo et l’implication de ses visiteurs, nous avançons dans le bon sens.
Document mis en ligne en juillet 2009