> Interview
Elisabeth LAVILLE
Directrice du cabinet-conseil UTOPIES
Auteur
"Mon objectif est de mettre en place des actions de développement durable les plus concrètes possibles."
Elisabeth LAVILLE, vous êtes assurément l'une des expertes du moment dans le domaine du développement durable. Vos domaines de compétences sont tellement vastes que l'on peine à vous présenter.
En fait, la meilleure façon de me présenter est de préciser ma mobilisation en faveur de la progression du développement durable auprès du grand public et des professionnels. Mon objectif est de mettre en place des actions les plus concrètes possibles. Toutes mes activités tendent vers ce même but. Ainsi, j'ai crée il y a 15 ans, Utopies, le premier cabinet conseil spécialisé dans le développement durable. J'ai également fondé Graines de Changement, une agence d'information positive à destination du grand public, qui a elle-même concouru au développement de plusieurs projets, notamment la création du site internet"Mes Courses pour la Planète ". En parallèle, mais toujours dans un but de sensibilisation, j'ai écrit ou collaboré à la rédaction de quatre ouvrages :"L'entreprise verte"en 2002,"Un métier pour la planète...et surtout pour moi", cosigné avec Marie Balmain,"Un régime pour la planète","La vie en vert".
Revenons sur votre premier ouvrage, "l'entreprise verte". Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste la responsabilité sociale et environnementale de l'entreprise ?
Cette technique de management écologique et éthique est née d'une prise de conscience, par les entreprises, du résultat de leurs décisions sur l'homme et la planète. A partir de ce constat, elles peuvent réfléchir à la manière d'intégrer très en amont l'impact sociétal ou environnemental de leur développement. Ceci nécessite de revoir entièrement leur fonctionnement. La difficulté pour les sociétés est de réellement comprendre les conséquences directes et surtout indirectes de leur activité sur la planète. Je vous donne un exemple : les banques ont longtemps déclaré qu'elles n'étaient en rien responsables de la dégradation de l'environnement car elles exercent un métier "propre". Elles ne prenaient simplement pas en compte leur participation au financement des industries, notamment pétrochimiques. Un certain nombre d'acteurs du développement durable - le mouvement a démarré en Angleterre - ont usé de leur influence pour inciter les établissements bancaires à plus de vigilance et à instaurer des critères environnementaux dans leurs accords de prêts.
Vous précisez que votre agence existe depuis 15 ans. Avez-vous constaté une amélioration ?
Oui, depuis 10 ans, les entreprises montrent une réelle volonté d'agir pour l'environnement. Mais le plus souvent, il s'agit de démarches superficielles (diminution de la consommation de papier, d'eau, d'électricité ou de chauffage...). A terme, cela ne suffira pas. Il faut maintenant impulser une réflexion beaucoup plus profonde : travailler sur le cœur de l'activité, sur les pratiques corporate mais aussi sur les produits. La rencontre avec des ONG pour comprendre les enjeux futurs est primordiale.
Aujourd'hui, de grands groupes prennent un engagement mondial quant à une production responsable. C'est un progrès. Mais l'heure n'est pas encore à la réorganisation totale de l'activité pour la rendre compatible avec le développement durable. La tendance est davantage au développement d'un ou deux produits "verts" , sans toucher à l'ensemble de la production ou de la gamme. La situation s'améliore lentement, mais nous sommes loin d'être au bout de nos efforts.
Il est plus facile de changer les mentalités au niveau du grand public ?
L'approche n'est pas la même. Avec"Graines de Changement"par exemple, notre plate-forme internet de bonnes pratiques, nous engageons des actions de portée immédiate. Au niveau des entreprises, nous sommes plus dans des objectifs à long terme. Concernant le grand public, nous avons fait le choix d'une écologie pragmatique, ludique et positive."Graines de Changement"est d'ailleurs appelée"agence d'information positive sur le développement durable". Nous mettons en avant des initiatives individuelles et associatives : ce sont des démarches et actions simples, que tout un chacun peut appliquer.
Vous participez à VIV'EXPO Rennes à l'automne. Pour quelles raisons avez-vous accepté d'y participer ?
Je pense que Viv'expo est en accord avec les idées que je développe sur"Graines de Changement "et"Mes Courses pour la Planète". Nous relayions déjà les informations relatives au salon sur ces sites et nous voulions maintenant aller plus loin. Le contact et la communication avec le grand public sont importants : je trouve pertinent de pouvoir échanger avec des visiteurs intéressés par l'environnement et le développement durable. Si mon expérience peut aider à clarifier certains points et faire passer un message, je serai satisfaite.
Document mis en ligne en septembre 2008