Viv'expo - les salons de la vieécologique

PHARMACIENS SANS FRONTIERES - COMITE INTERNATIONAL
Marina BENEDIK, Directrice générale

[…] nous, habitants du monde industrialisés, sommes responsables de l'avenir de notre planète ".

Comment peut-on définir les missions de pharmaciens sans frontières ?
PHARMACIENS SANS FRONTIERES est une organisation non gouvernementale (ONG) créée il y a 23 ans dans le but de garantir l'accès aux soins et aux produits pharmaceutiques pour toutes les populations. Nous travaillons le plus souvent dans des situations d'urgence (conflits, catastrophes naturelles, sécheresses, famines…). D'une manière pratique, nous mettons en place une chaîne d'approvisionnement en médicament, assurons la qualité des produits fournis, veillons à éviter la rupture des stocks. Mais notre action va bien au delà : l'apport de médicaments ne garantie pas forcément des soins cohérents aux populations et n'implique pas de guérison automatique. Il est nécessaire de le faire comprendre aux populations auxquelles nous venons en aide. Notre rôle est d'identifier leurs besoins réels, de rationaliser les commandes, la réception et surtout les prescriptions. Dans un souci de cohérence, nous regroupons les besoins et commandes des différentes ONG intervenants sur les mêmes lieux que nous. Depuis quelques années, nos missions tendent à évoluer : les actions en faveur d'un développement rationnel et durable se font plus nombreuses.

De quelle manière intervenez-vous dans ces domaines du développement durable et de l'environnement ?
Nous agissons à plusieurs niveaux. Régler les crises sanitaires est une bonne chose, mais quitter le pays lorsque la situation d'urgence est terminée ne résous pas les problèmes. Il faut rendre le pays autonome, capable de gérer sa propre centrale nationale d'approvisionnement en médicaments, la formation et la rémunération des personnels et la distribution. Le plus compliqué est souvent de convaincre les populations de participer financièrement, en fonction de leurs possibilités, à l'organisation de la santé dans leur propre pays. Il nous faut accompagner ces actions sur de longues années.
A un autre niveau, nous engageons des campagnes d'information et de sensibilisation dans les pays occidentaux : la santé publique concerne tout le monde, les comportements et décisions internationales ont des conséquences sur l'ensemble de la planète. Les premières victimes de notre individualisme et de notre gaspillage des ressources naturelles sont les populations les plus vulnérables. Dans ces pays en voie de développement, les habitants ne se sentent pas encore concernés par l'environnement : la priorité étant souvent de manger ou de se soigner. Mais nous, habitants du monde industrialisés, nous sommes responsables de l'avenir de notre planète. La modification des climats, inhérente à nos comportements depuis des générations a des conséquences dramatiques sur tous les secteurs de la vie courante dans les pays les plus pauvres.

Vous agissez également pour combattre certaines fausses générosités humanitaires ?
En cas de crises ou de catastrophes, de nombreuses personnes et organismes envoient des médicaments qui ne sont pas appropriés aux problématiques de santé lors de situation d'urgence et de développement. Ce phénomène est tel que, lors du Tsunami, notre action principale était de détruire des médicaments ! Par ailleurs, PSF travaille avec des médicaments essentiels de qualité. Nous n'envoyons pas de médicaments " non-utilisés " (ramenés à la pharmacie par les patients) qui ne respectent pas les principes de l'OMS - Organisation Mondiale de la Santé et les politiques pharmaceutiques nationales. Ils ne permettent pas la construction de systèmes pharmaceutiques pérennes. Il existe de nombreuses générosités mais elles sont parfois mal orientées. Ces derniers temps, nous observons des changements de comportements vis-à-vis de cette problématique. La France va faire appliquer en fin d'année, une loi interdisant l'envoi de médicaments récupérés à des fins humanitaires; ceux ci devront être détruits. C'est une belle victoire pour les populations défavorisées.

Est-ce plus facile d'agir lorsqu'on est une ONG ?
Nous constatons que les ONG sont de plus en plus considérées comme des acteurs internationaux de poids. Leur indépendance à l'égard des politiques et des industriels inspire confiance. Nous commençons donc à obtenir des résultats, notamment auprès des Nations Unies. Malheureusement nos ressources financières limitées nous freinent dans nos actions.

Qu'attendez-vous du salon Viv'expo ?
Un salon tel que celui-ci nous permet de rencontrer d'autres acteurs du développement durable, partageant nos valeurs et, sans doute, motivés pour créer des partenariats. Nous profitons aussi de l'opportunité qui nous est offerte de toucher un public déjà sensibilisé à nos problématiques de développement. Il est important de faire connaître nos démarches et partager nos expériences du terrain.

De quelle manière intervenez-vous sur le salon ?
Nous travaillons avec les enfants dans le cadre d'un atelier intitulé "accès aux soins dans les pays en voie de développement". A partir d'un jeu de plateau, nous les sensibilisons les scolaires et les familles sur le difficile voir le non accès aux soins de santé dans certains pays. En quelques minutes nous les amenons à réfléchir sur des notions de solidarité ou de droit à la santé. Nous animons, par ailleurs, une conférence sur les actions de PHARMACIENS SANS FRONTIERES. Le but étant de sensibiliser les professionnels à nous rejoindre au sein du Réseau Solidaire des Entreprises. En fait, par notre présence, nous tentons de prouver que chacun à son niveau, enfants ou adulte, peut agir pour un environnement plus durable.

 

 


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