Des plantes pour dépolluer la maison
En collaboration avec notre partenaire La Vie Naturelle

Vous aimez les plantes d'intérieur ? Tant mieux, car non seulement elles sont belles, mais certaines espèces contribuent à éliminer les pollutions dues aux composés chimiques volatils. Chacune a des propriétés spécifiques, de sorte que l'on peut composer un décor végétal et floral vivant qui joint l'utile à l'agréable
Nous passons environ 22 heures par jour dans des locaux, d'habitation, de travail ou autre. Or, fermer les portes et les fenêtres de la maison ou du lieu de travail ne protège pas des pollutions. Même en évitant d'utiliser des polluants connus, produits ménagers, insecticides, désodorisants, etc., ce qui est rare en entreprise, où l'usage de produits industriels est général, la plupart des matériaux de construction et de décoration sont nocifs les composés organiques volatiles (COV), polluants émanant des colles à moquette, des peintures, des papiers peints, etc. À la maison, nous n'avons pas toujours la possibilité de n'utiliser que des matériaux écologiques et dans les lieux de travail, ils sont inexistants.
Les nombreux effets néfastes de cette pollution lente et insidieuse vont de la simple irritation des muqueuses, de la stimulation sensorielle jusqu'aux atteintes du système respiratoire ou du système gastro-intestinal. Certains de ces polluants sont des cancérigènes reconnus, pour d'autres le doute subsiste, et dans le doute l'interdiction devrait être la règle. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas.
Les plantes assainissantes
Le chercheur américain Bill Wolverton a travaillé sur les moyens d'éliminer des composés chimiques volatils qui s'échappent des matériaux de construction dans les milieux confinés par des plantes qui filtrent des matières polluantes, avec des résultats très prometteurs : un ensemble trois plantes peut détoxiquer 60 m3 par heure !
Le Centre scientifique et technique du bâtiment américain est chargé de vérifier ces résultats pour la NASA. Lors d'une série d'expérimentations, pendant deux ans. un air vicié est insufflé dans une chambre expérimentale semblable à une pièce d'habitation afin de mesurer la capacité des plantes à éliminer la pollution intérieure. Dès la première semaine, on a constaté que le toluène, le benzène et les formaldéhydes ont été absorbés par les plantes.
Leurs modes d'élimination des polluants sont variés et étonnants. Certaines, par exemple, transportent les polluants jusqu'à leurs racines où ils sont détruits par les micro-organismes vivant dans la terre. Ce qui demande un terrain bien aéré et des plantes bien arrosées.
Quelles plantes pour quelle pollution ?
Chaque plante agit sur une substance particulière.
L'azalée est la plante qui élimine le mieux l'ammoniac des dégraissants et de produits de nettoyage des sols. L'ammoniac volatil est également produit par les urines de chat. Placez donc un azalée surtout dans la cuisine.
Le chrysanthème absorbe le trichloréthylène, substance hautement toxique qui se dégage des peintures et solvants. Il est particulièrement utile dans les pièces fraîchement repeintes et partout où les murs sont peints ou qui comportent des vernis.
Le ficus est le meilleur neutralisant du formaldéhyde, le formol, hautement cancérigène, utilisé pour assurer la tenue des rideaux, tissus d'ameublement, essuie-tout, nappes, vêtements sortant du pressing, etc., bref à peu près partout. Il est présent aussi dans les mousses d'isolation, la colle à moquette, les papiers d'emballages, les cartons... Il faudra placer des ficus un peu partout dans la maison !
Le philodendron absorbe remarquablement le pentachlorophémol, ou PCP, omniprésent dans les produits de traitement du bois. Cette plante aux grandes feuilles dégage beaucoup de vapeur d'eau, ce qui évite l'assèchement de l'air dans les pièces chauffées.
Le chlorophytum est sans doute la plante dépolluante la plus efficace. Il supprime le monoxyde de carbone et le formaldéhyde ; c'est la meilleure prévention contre leurs effets cancérigènes et contre les allergies. Placez-le un peu partout dans la maison, associé à d'autres plantes.
Le cactus est réputé protéger les ondes électromagnétiques des tubes cathodiques des téléviseurs et ordinateurs. Si vous n'avez pas d'écrans plats, placez un cactus à côté du téléviseur.
Le lierre est la meilleure plante pour éliminer le benzène, un solvant très présent dans les peintures, les encres, les matières plastiques et les détergents. Placez-le notamment dans la cuisine et dans le couloir, et dans votre bureau.
Le dieffenbachia, le spatiphyllum, l'aglycone, le faux-papyrus, le dracæna, le clivia, entre autres, contribuent aussi à dépolluer les intérieurs et toutes agrémentent la vie de chaque jour, au travail comme à la maison.
Comment utiliser les plantes dépolluantes
Plus une plante consomme d'eau, plus elle génère d'humidité et plus elle est efficace pour éliminer les polluants. Veillez cependant à ne pas substituer un polluant à un autre : les moisissures sont des allergènes connus ; pour éviter leur propagation, placez sur la terre de vos plantes une couche de deux à quatre centimètres de petits cailloux ou graviers pour aquarium. L'eau passera au travers et les moisissures ne se formeront pas. Attention aussi à l'humidité sous le pot, ne laissez pas d'eau dans la soucoupe, surtout si la plante est placée sur un tapis ou sur de la moquette.
Ne craignez pas de placer des plantes dans la chambre : elles rejettent du gaz carbonique en quantité bien inférieure à ce qu'émet votre conjoint ou votre animal de compagnie et génèrent nettement plus d'oxygène que de gaz carbonique, ce qui compense largement. Si vous avez décidé d'opter pour les plantes antipollution, ne vous séparez pas des autres, ajoutez-les au décor floral de chaque pièce.
Des associations pour une dépollution naturelle
L'association Environnement et Développement alternatif a créé dans la région Nord-Pas-de-Calais le premier centre expérimental de la dépollution des sols contaminés par les métaux lourds. Deux laboratoires universitaires de Lille, APINOR et OPHRIS et deux entreprises du Nord-Pas-de-Calais spécialisées dans la dépollution vont travailler au projet « Espace Biotique », avec l'aide d'un agriculteur d'Auby dont des terres sont fortement contaminées.
À partir des travaux de Bill Wolverton, Geneviève Chaudet, paysagiste d'intérieur, a fondé l'association Plant'airpur afin d'informer sur les plantes antipollution et créer de véritables jardins d'intérieur pour épurer l'atmosphère dans les bureaux et autres lieux de travail.
Association Plant'Airpur, 23, passage Heurtevents, 49000 Angers.
Tél. : 02 41 76 60 18. E-mail : plantairpur@wanadoo.fr.
Source : Élodie Benoît, Magazine La vie naturelle - Juin 2006.
mois de juillet 2006
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Mis en ligne avant janvier 2008
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