Énergie du cycliste
Nous avons de plus en plus de petits objets qui consomment de l'énergie. Lampe frontale, appareil photo numérique et téléphone portable pour la plupart. GPS, caméscope, baladeur MP3, disque dur autonome, etc. pour quelques autres. On compte 3 principales solutions pour faire fonctionner tout cela en voyage. On peut recharger dans les petits hôtels, guest-houses, restaurants ou cybercafés, c'est le plus simple. Selon vos destinations, pensez dans ce cas à emporter un adaptateur. Pour ceux qui préfèrent l'autonomie et l'économie du bivouac ou qui se trouvent dans des zones très sauvages, il reste l'énergie envoyée par le soleil ou celle délivrée par leurs jambes (qui est aussi de l'énergie solaire transformée in fine !).
Solaire
Nous avons déjà réalisé plusieurs dossiers sur les panneaux solaires dans des anciens numéros de Carnets d'Aventures (Carnets d'Aventures n°7 et Carnets d'Expé n°5, voir www.expemag.com). Plutôt que de republier in extenso ces dossiers auxquels vous pouvez vous référer, nous avons préféré donner un exemple d'utilisation via le témoignage de Xavier Mérour (www.au-detour-du-monde.net) qui a voyagé un an à vélo avec son épouse Ariane ; parti en juin 2005 de Mongolie, le couple est arrivé en France en juin 2006.
«Partant un an à vélo, nous voulions pouvoir être autonomes en énergie… et surtout ne pas être dépendant de la prise électrique. Nos besoins se résumaient à :
- batteries Li-Ion pour appareil photo numérique (1200 mA)
- piles bâtons Ni-MH rechargeables pour frontales
- un disque dur portable (type Archos) pour stocker les photos
Nous avons opté pour un système qui minimise le poids et les composants électroniques. En particulier, nous avons banni tous les systèmes dits «intelligents». Ceux-ci régulent la charge mais réduisent souvent la performance. C'est acceptable sur une prise de courant, c'est un peu plus critique sur un panneau solaire portatif.
Nous nous sommes décidés pour un panneau solaire flexible et résistant aux intempéries (ndlr : leur panneau était un ICP ; actuellement des équivalents seraient le Powerfilm R15-300 ou le Flexcell Sunpack présentés dans CA n°7) avec les caractéristiques suivantes : 5 W, 16,5 V en sortie (ndlr : les panneaux dits 12 V délivrent en général une tension comprise entre 14 et 22 V), 300 mA/h, poids : 350g. Offrant plusieurs possibilités de connectique, nous en avons retenu deux :
- une prise allume-cigare femelle sur laquelle venait se brancher un chargeur tout banal de piles bâtons ou le disque dur portable (adaptateur fourni par le fabriquant du disque).
- Une plaque de charge bricolée maison pour charger en direct les batteries de l'appareil photo.
Le panneau était fixé pendant la journée sur la remorque de vélo, dans une position horizontale, optimale pour la charge. Le câble rentrait dans le sac de la remorque, le matériel de charge étant ainsi protégé.
Résultat ?
- En résumé, la charge des piles bâtons s'est avérée satisfaisante sans être parfaite : elles n'atteignaient jamais leur pleine charge. C'était cependant largement suffisant pour continuer jusqu'à la prochaine prise électrique (chez nos hôtes ou en pension).
- La charge des batteries s'est toujours bien faite, sans toutefois arriver à pleine charge pour une autre raison que précédemment : avec ce montage, nous avions le risque de griller les batteries puisqu'elles étaient branchées en direct sur le panneau. Comment éviter l'incident ? En théorie, sachant que la batterie a une capacité de 1200 mA et que le panneau délivre en optimal 300 mA, la pleine charge devait être atteinte au bout de 4 heures. En pratique, nous pouvions laisser charger toute une journée de vélo sans risque. Voire 2 jours parfois si le temps était nuageux.
- Et le disque dur ? Eh bien, nous l'avons finalement toujours rechargé à la prise électrique car nous l'avons peu utilisé… 1 recharge par mois maximum.
Si nous repartions demain, je reprendrais certainement ce type de panneau solaire. Résistant, léger et pratique à ranger, il est le compagnon idéal du cyclo-randonneur au long cours dans les zones reculées. Quant au montage, il y aurait sûrement des choses à améliorer comme intégrer un testeur afin d'évaluer le niveau de charge des batteries ; pour un prochain voyage…»
Dynamo
Le vélo en mouvement a une énergie cinétique qui peut être exploitée par une dynamo. Une dynamo produit un courant par électromagnétisme. Des aimants entraînés par le mouvement du vélo tournent à proximité de bobines. Il en résulte un courant alternatif. Le problème, c'est que cette énergie n'apparaît comme ça toute seule, c'est celle transmise au vélo par vos muscles… De ce fait, une dynamo vient collecter une part de l'énergie que vous distribuez pourtant avec tant de parcimonie . Il y a donc un léger freinage occasionné par cet élément. Pour l'anecdote : certains systèmes (prototypes et bricolages de particuliers, voir www.forum-auto.com/automobile-pratique/section16/sujet327549.htm) ne se mettent en contact que lorsque le frein est déclenché. Voilà qui n'est pas idiot car on récupère ainsi l'énergie accumulée à la montée (une énergie qui, sinon, est complètement dissipée en chaleur au moment du freinage, quel dommage !). En revanche, un tel système qui fonctionne seulement quand on freine nécessite une batterie tampon (et donc un redresseur de courant).
Les dynamos de vélo sont traditionnellement utilisées pour l'éclairage. On peut se demander si elles peuvent aussi servir pour recharger une batterie tampon que l'on utiliserait ensuite pour recharger un GPS, un appareil photo, etc. Une dynamo délivre en général une puissance de 3W environ (avec une tension de 6V). Le courant est alternatif, il faut donc utiliser un redresseur. Donc en théorie, la réponse est oui, moyennant d'être un brin bricoleur. Il faudra que ce tampon soit de 6V maximum (3 accus de 1,2V par exemple) ou alors mettre un convertisseur de tension avant le redresseur, là ça commence à devenir technique... Le problème avec 6V seulement, c'est que les chargeurs allume-cigare de vos périphériques fonctionnent en 12V. Il faudrait donc recharger 2 tampons de 6V et les mettre en série. Cependant, certaines dynamos délivrent du 12V et 6W (de chez Busch et Müller).
En conclusion, faire ce type de montage demande un minimum de compétence technique mais cela peut être très rentable et assez fiable sur le long terme (dynamo dans le moyeu). Contrairement au solaire, ça fonctionne quel que soit le temps et l'heure, du moment que vous pédalez.
Plusieurs types de dynamos :
- Latérale : vient prélever son énergie sur le bord du pneu ; c'est la dynamo classique, en forme de bouteille ; on peut la désenclencher. Le rendement de ces dynamos n'est pas toujours bon ; il oscille entre moins de 20% et 70% pour les meilleurs produits.
- Dynamo «sous base» qui se place sur la partie basse du vélo et vient prélever de l'énergie directement sur la bande de roulement, peu adapté au voyage car très exposé aux projections…
- Dans le moyeu : un excellent rendement (70 à 90%), c'est le système retenu sur certains vélos de voyage car il est également très fiable (les principaux fabricants sont Shimano et SON).
Source : Olivier Nobili et Xavier Mérour, publié dans le hors-série «Voyager à vélo» du magazine Carnets d'Aventures - (voir www.expemag.com)
mois d'octobre 2007
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Mis en ligne avant janvier 2008
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