BORDEAUX
16-17-18 Sept. 2011
Hangar 14


 
RENNES
18-19-20 Nov. 2011
Parc des expos
Keltravo


 

Actualités de la vie écologique

La Maison écologique

 

> En bref

Des plantes pour assainir l’air de nos maisons


Le mode de vie urbain amène l’homme à passer la plus grande partie de son temps dans des espaces clos. Les sources de polluants sont nombreuses et diverses (appareils de chauffage et de cuisson, tabagisme, produits d’entretien, matériaux de construction, de décoration et d’ameublement…), les contaminants biologiques et physicochimiques sont susceptibles d’avoir des impacts sur la santé. Ils peuvent générer ou aggraver des maladies chroniques, des effets aigus ou même des pathologies à long terme. Logique et bon sens, limiter les sources de polluants, aérer et ventiler, diminuent la concentration de polluants dans l’air intérieur. Ensuite, on peut envisager de mettre en place des systèmes d’épuration de l’air, parmi lesquels le recours à certaines plantes (phytoremédiation) qui font actuellement l’objet d’une importante médiatisation et attente du grand public. Dans ce contexte, l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a souhaité faire le point sur les connaissances scientifiques en termes d’épuration de l’air intérieur par les plantes. Une journée technique a été organisée le 6 mai 2010 avec l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) et la Faculté de Pharmacie de Lille. Les sujets abordés ont permis d’établir une synthèse sur l’état actuel des connaissances dont voici quelques éléments.

> Le programme Phytair
Le programme de recherche français PHYTAIR (lancé en 2004 à l’initiative de l’ADEME et ses délégations régionales Nord-Pas-de-Calais et Pays de la Loire, et des conseils régionaux Nord-Pas-de-Calais et Pays de la Loire) a pour objectif de construire un protocole scientifique d’évaluation objective de l’épuration de l’air intérieur par les plantes. Il doit déterminer la capacité d’épuration des plantes placées dans des conditions réalistes, les mécanismes biologiques et physiologiques mis en jeu et les éventuelles applications de biosurveillance végétale de la qualité de l’air dans les environnements intérieurs.
PHYTAIR se décompose en trois phases : PHYTAIR 1 (2004-2005) met en évidence de la capacité épuratrice des plantes et des effets des polluants ; PHYTAIR 2 (2006-2008) met en évidence de la capacité d’épuration des polluants par les plantes exposées à des injections en continu de polluants à de plus faibles concentrations qu’en phase 1 ; PHYTAIR 3 (2009-2011) adapte la méthode de laboratoire à des conditions réelles (pièce ou habitat). Cette troisième phase consiste à mettre au point une méthode d’évaluation de la capacité des plantes à réduire les concentrations de polluants dans les lieux clos pour le CO, le benzène et le formaldéhyde.

La capture des polluants par les plantes a lieu au niveau du système foliaire ou au niveau du système racinaire (transfert des molécules dans le sol, puis transfert sol-plante via les racines). Une fois à l’intérieur des tissus foliaires, les polluants peuvent s’y accumuler et/ou y être progressivement dégradés. Mais attention, les études montrent que, au fil du temps, on peut observer une saturation de l’accumulation de ces polluants. Il est spécifique à chaque type de végétal étudié, dépend de la nature, de la morphologie et de la surface des feuilles, de paramètres physiques (vent, température…) et physiologiques, de l’ambiance des milieux intérieurs (température, hygrométrie, lumière…) et du mode d’entretien des végétaux par leurs propriétaires (excès d’eau ou sécheresse).

Les études menées sur les végétaux montrent que ces derniers possèdent de réelles capacités à capter les polluants atmosphériques, notamment par leurs feuilles (mais utilisation trop limitée pour être concrètement applicable). Mais, si l’on utilise les propriétés des bactéries vivant dans le substrat et notamment au niveau des racines des plantes, il est alors possible de disposer d’un système capable d’éliminer les polluants de manière plus efficace. Des systèmes, utilisant plus ou moins de technologie, sont à l’étude : efficaces, ces installations possèdent néanmoins de nombreux inconvénients (consommation énergétique, contraintes d’entretien, formation de polluants secondaires) et leur complexité les éloigne des aspirations et des attentes du grand public.

L’état actuel des recherches sur les capacités épuratrices des plantes permet de mettre en évidence un certain nombre de convergences sur les résultats obtenus et établir un premier consensus sur les propriétés épuratrices des plantes via notamment leurs substrats. Mais, des questions restent en suspens (le manque de standardisation méthodologique dans les tests effectués rend souvent difficile une comparaison entre les résultats obtenus).
Les études montrent qu’en laboratoire, les plantes possèdent des capacités d’abattement avérées vis-à-vis du monoxyde de carbone, des COV et du formaldéhyde. L’ensemble substrat/racine/plante possède une action plus efficace que la plante (feuille) seule. Mais, le rendement d’épuration de plantes en pot dans des espaces réels est faible et ne permet pas une épuration efficace des volumes d’air des bâtiments. Les dispositifs «dynamiques», basés sur le passage forcé de l’air pollué à travers le substrat des plantes (systèmes de biofiltration) semblent les plus prometteurs (mais il reste difficile de dimensionner le nombre de plantes ou de systèmes au m2 nécessaires pour éliminer efficacement des polluants dans une pièce). L’utilisation d’étiquettes mentionnant les vertus dépolluantes de certaines plantes vendues dans le commerce est donc prématurée à ce jour.

Excepté dans certains cas bien spécifiques, la plupart des plantes d’intérieur n’entraînent pas d’effets délétères sur la santé. Des phénomènes allergiques peuvent cependant apparaître progressivement dans le temps entraînant asthme, eczéma, rhinoconjonctivites, dermatites, etc. Les plantes les plus incriminées sont les ficus, le cactus de Noël, le poinsettia, certaines variétés de primevères et de cyclamens et les moisissures des substrats. Enfin, l’entretien des plantes est souvent lié à l’utilisation de produits biocides qui peuvent également avoir un impact sur la santé.
Certains arguments favorables à la présence de plantes dans les espaces clos demeurent encore subjectifs. Les effets positifs fréquemment notés dans les bureaux contenant des plantes (augmentation de la productivité, diminution du stress, amélioration du bien-être…) n’ont encore jamais été mis en corrélation avec des variations de concentrations de polluants.
L’éventuelle contribution des plantes elles-mêmes aux émissions de polluants à l’intérieur des locaux est encore peu étudiée.

Lire le dossier de presse : pdf



Document mis en ligne en juillet 2010

Viv'expo 2011 Accueil | Contacts | Engagement Eco-Citoyen | Partager Communica

Copyright © 2000 Communica - Tous droits réservés | Site déclaré a la CNIL sous le N° 1131721.