> Interview
DOMESPACE
Patrick MARSILLI, Architecte créateur
"Redevenons cohérents avec la nature qui nous entoure"
Parlez-nous du concept de Domespace ?
DOMESPACE est un triple concept d'éco-habitation né à la fois d'une histoire personnelle et de l'observation de la nature. Les formes douces et sphériques, présentes partout autour de nous, m'ont inspiré une habitation ronde, utilisant des matériaux naturels et écologiques (bois, liège). Mobile, la maison tourne sur elle-même pour suivre le soleil.
Le projet a vu le jour il y a 20 ans déjà : à l'époque on commençait à peine à parler de développement durable. Mais l'idée était très avant-gardiste et il a été difficile de trouver les financements pour démarrer l'entreprise. Le 1er DOMESPACE a été construit dans le Finistère et dès sa construction, le concept a beaucoup plu. Le plus difficile a été de tenir financièrement le projet jusqu'au moment d'une véritable prise de conscience écologique.
C'est un habitat qui est en train de devenir un classique référencé, disponible pour ceux qui rêvent d'un futur respectueux de notre planète.
Quels sont ses avantages en terme d'écologie et d'environnement ?
En 2006, 42% de l'énergie nationale est consommée par le bâtiment. Il est donc urgent de changer les habitudes de construction. Le Domespace se veut résolument écologique. Par sa forme tout d'abord. La sphère est la forme la plus économe possible en énergie. De son côté, l'inclinaison des ouvertures (alliée à la rotation) permet une diffusion maximale de la lumière et de la chaleur, ainsi qu'une réduction de l'éclairage artificiel. Le bois apporte une cohérence écologique supplémentaire : c'est le seul matériau qui prend du gaz carbonique dans l'atmosphère et le fixe. Il est, par ailleurs, un excellent isolant thermique. Tous les matériaux choisis pour construire le DOMESPACE sont respectueux de la nature et sains pour l'homme : pas d'émanation nocive, bonne qualité de l'air intérieur, emprunte écologique réduite.
Il est urgent de prendre conscience qu'on n'a qu'une seule planète et se projeter dans le futur. Ainsi, le DOMESPACE est composé, certes, de matières naturelles, écologiques et durables, mais surtout de matériaux hauts de gamme résistants sur le long terme.
Qui achète un DOMESPACE ?
Le concept plaît dans le monde entier mais pas pour les mêmes raisons : fibre écologique, solidité face aux éléments (pluies, vents violents, mouvements sismiques…), originalité des formes… Le DOMESPACE étonne moins dans certaines cultures qu'en Europe : avec l'industrialisation et le « progrès » nous avons perdu toute cohérence avec la nature qui nous entoure. D'autres cultures ont su garder cette connexion avec les éléments et ont donc conservé la forme ronde dans leurs habitations : wigam, cases africaines, igloos, yourtes par exemple.
En France, le DOMESPACE continue sa progression, dans toutes les tranches d'âge et catégories socioprofessionnelles. Les permis de construire sont plus faciles à obtenir et des aides existent concernant l'habitat durable. Le DOMESPACE autorise de surcroît une auto-construction de son habitat ; c'est plus difficile dans le cas d'une maison classique en béton. Un tel projet a bien entendu un coût (prix au m² du bois plus élevé que celui du béton) : la prochaine étape est d'automatiser davantage les processus de fabrication pour accroître la productivité et répondre à la demande en pleine croissance.
Nous vous retrouverons à Rennes dans quelques semaines. Qu'attendez-vous du salon Viv'expo ?
Agitateur et militant, je suis désireux de m'inscrire aux côtés de tous ceux qui agissent en faveur du développement durable et de l'écologie. Le changement des mentalités et des attitudes est un travail de fourmis. Viv'expo apporte assurément sa pierre à l'édifice et il me paraissait essentiel d'y participer. Concernant le concept DOMESPACE, je ne manque pas une occasion de pouvoir l'expliquer au plus grand nombre. Il n'est pas possible de construire un prototype sur place mais les maquettes que j'apporte sont très parlantes et attirent de nombreux visiteurs.
Document mis en ligne en novembre 2008