> Courses alimentaires responsables pour consom’acteur averti !
Les 10 trucs pour consommer responsable
1. Apprendre à lire les étiquettes
Les emballages restent la principale source d'information sur les produits alimentaires. Or, les fabricants accumulent les informations nutritionnelles et environnementales, les labels de qualité sociale ou environnementale (plus ou moins parlants)… mais aussi les allégations trompeuses qui encombrent les emballages ! Au total, près de 50 logos et labels différents peuvent être trouvés aujourd’hui en France sur les produits alimentaires et non alimentaires pour signifier un meilleur respect de l’environnement ou une «plus-value» sociale. Et pour ne rien arranger, l’absence de label ne signifie pas toujours que la démarche n’est pas fiable (sur le commerce équitable, cela peut simplement vouloir dire que la filière n’existe pas encore…). Difficile dans ces conditions pour les consommateurs de s’y retrouver !
Les Français, prêts à faire des efforts, manquent de repères : trois personnes sur dix connaissent le logo du commerce équitable Max Havelaar (contre 7 ou même 9 personnes en Suisse et aux Pays-Bas), une sur dix identifie la fleur qui sert de logo à l’écolabel européen.
Il est donc temps de prendre en main son éducation de consommateur responsable et apprendre à connaître les labels fiables et reconnus : FSC (Forest Stewarship Council) pour le bois et le charbon à barbecue, MSC (Marine Stewardship Council) pour les poissons, le logo AB (Agriculture Biologique) et ses concurrents Nature & Progrès ou Demeter, les marques Max Havelaar, Artisans du Monde ou Bioéquitable pour le commerce équitable.
Dans tous les cas, bien lire les étiquettes et pour un logo inconnu, Internet ainsi que les associations environnementales ou les associations de consommateurs peuvent nous aider.
2. Choisir des produits et légumes locaux de saison…
Fraises d'Israël, agneaux de Nouvelle-Zélande, haricots verts du Kenya, poires d’Argentine… : ces produits existent chez nous et pourtant, importés des quatre coins du monde, ils envahissent de manière croissante les étals de nos supermarchés à des prix défiant toute concurrence. En Angleterre, une étude a montré qu’un repas moyen, composé d’aliments pouvant être produits dans le pays (brocolis, fraises, bœuf, pommes de terre, carottes), mais qui seraient importés d’autres pays, aurait un impact carbone 650 fois supérieur à son équivalent local.
Même si l'étiquetage des produits n’affiche pas toujours leur région d’origine et leur mode de transport, sauf pour certains produits frais (fruits et légumes, viande, poisson, etc.), il faut être attentif aux informations disponibles, poser les bonnes questions et redonner à son assiette la couleur des saisons. Cesser par exemple de consommer des fraises et des tomates en janvier ! Les AMAP (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) ou les Jardins de Cocagne (réseau de 75 jardins bio à vocation d’insertion sociale) peuvent fournir chaque semaine, sur abonnement, un panier de fruits et légumes de saison, souvent produits localement.
Pour consommer des fruits et légumes de la saison, on imprime le calendrier
3. Varier ses choix et lutter contre la standardisation
Alors que près de 7 000 espèces végétales ont été cultivées depuis le début de l'humanité, 15 variétés de plantes et 8 variétés animales seulement fournissent aujourd’hui 90% des ressources alimentaires de la planète. Cette uniformisation entraîne une perte de saveurs, un appauvrissement culturel et accroît notre dépendance à quelques variétés alimentaires.
Il faut donc varier autant que possible son alimentation et ses achats, bonne façon de soutenir la diversité biologique. Privilégier les variétés anciennes de légumes, mais aussi les AOC, caractéristiques d’un terroir et d’un savoir-faire traditionnel, les spécialités régionales et les produits locaux, généralement plus frais, meilleurs et plus écologiques. Ceux qui veulent aller plus loin peuvent adhérer à l’association d’origine italienne Slow Food (www.slowfood.com), qui lutte partout dans le monde contre la standardisation du goût et pour la diversité gastronomique.
4. Consommer des produits frais
Les produits "bruts" (légumes et fruits frais en vrac, viande fraîche) ne représentent plus que 20% de notre budget alimentaire. Le reste de nos dépenses est consacré à des productions de l'industrie agroalimentaire (pâtes, conserves, surgelés, plats préparés, produits surgelés, biscuits et confiseries, boissons, etc.) consommatrices d’énergie et émettrices de gaz à effet de serre. Cela alourdit le bilan environnemental des produits que nous achèterons ensuite : plus des trois quarts de l’énergie nécessaire pour notre alimentation sont consommés lors des phases de transport, transformation, emballage, conservation et distribution.
Comment faire face ?
- Lors de l’équipement de sa cuisine, on essaye de se passer dès le début de congélateur et même de micro-ondes… Et si, ce n’est pas possible, faire en sorte de choisir les équipements les plus éco efficaces !
- Dans tous les cas, privilégier les produits frais (fruits et légumes, viande, poisson, etc.) et en vrac, au détriment des produits en conserve ou surgelés… Les aliments crus, meilleurs nutritionnellement, sont aussi plus écologiques puisqu’ils font généralement l’économie de la transformation industrielle, de l’emballage et de la cuisson (étapes gourmandes en énergie).
5. Réduire les emballages
Un tiers des déchets ménagers sont des emballages. Le tonnage d’emballages est en baisse depuis 1997, notamment grâce aux efforts faits par les industriels pour réduire «à la source» les quantités de matière entrant dans leur fabrication (allègement, substitution de matériaux au profit d’autres plus légers...). Mais le nombre d’emballages augmente quand même : augmentation de la population et du nombre de personnes vivant seules, baisse de la taille moyenne des ménages et du temps consacré à la préparation des repas, développement des portions individuelles et des produits «prêt-à-consommer»… Cette inflation des suremballages est doublement néfaste pour l'environnement et pour le porte-monnaie des consommateurs…
Il est donc nécessaire de privilégier les formats familiaux, les écorecharges, les produits concentrés ou à diluer et les produits vendus au détail ou en vrac. A l’inverse, éviter autant que possible les produits vendus en portion individuelle ou les mini-doses. Préférer toujours les emballages en matériaux renouvelables, recyclés et/ou recyclables. Enfin, pour les emballages qui restent, triez vos déchets et respectez les consignes pour améliorer la qualité de la collective sélective (verre, métaux, plastiques, cartons…).
6. Passer au bio et à l’équitable (sur quelques produits de base au moins)
Un Français sur deux consomme des produits biologiques au moins une fois par mois et un sur quatre toutes les semaines, surtout pour protéger sa santé (avant la protection de l’environnement). L’agriculture bio est en outre meilleure pour la santé de la planète… dont dépend beaucoup la nôtre. La France est le pays européen qui utilise le plus de pesticides en agriculture et l’on retrouve ces produits dans 57% des eaux souterraines, mais aussi de manière croissante dans le corps des adultes et des enfants. En outre, l’agriculture biologique permet de réduire les émissions globales de gaz à effet de serre par kilo de nourriture produite de 30% environ. Certes, les produits bio sont encore un peu plus chers, mais pas sur tous les produits, et si on mange un peu moins de viande rouge, cela devrait dégager un peu de budget pour les produits bio ou équitables.
Adopter donc le bio, au moins sur quelques produits quotidiens emblématiques - comme les œufs, le lait, le jus de pomme, le pain, le sucre, le riz, le thé ou le café… On trouve désormais quelques produits frais bio (fruits et légumes notamment) en grande surface. Pour les légumes et les fruits, penser aux AMAP, aux livraisons de paniers bio hebdomadaires proposées par les Jardins de Cocagne ou le Campanier. Le jardinage bio est également une possibilité si on a la chance d’avoir un jardin.
Même approche sur le commerce équitable : les produits labellisés Max Havelaar coûtent en moyenne 15% plus cher que les autres produits, mais après tout cela ne représente plus qu’un centime d’euro sur une tasse de café.
7. Diminuer sa consommation de viande
La viande a vu sa consommation plus que doubler depuis cinquante ans. Pour faire face à cette demande, la production a évolué au profit d’élevages spécialisés et intensifs : aujourd'hui 90% des veaux produits en France proviennent d'élevages industriels. Il faut 10 kilos de céréales pour produire un kilo de viande bovine, 5 kilos pour produire un kilo de viande de porc et 2 kilos pour produire un kilo de viande de poulet. L’industrie de la viande commence ainsi avec la production intensive de maïs et soja (80% du soja cultivé dans le monde sert à nourrir des animaux d’élevage), puis consomme directement ou indirectement de l’énergie fossile (fabrication des engrais et des pesticides, alimentation du tracteur, éclairage et chauffage des locaux où vivent les animaux, etc.), générant elle-même de nombreuses émissions de gaz à effet de serre (CO2, mais aussi hémioxyde d’azote émanant du fumier ou du lisier, qui a un impact sur le climat 296 fois plus fort que celui du CO2, ou méthane produit par le système digestif des ruminants, qui a un impact 23 fois plus élevé que le CO2). La production de viande représente 9% des émissions mondiales de CO2 et 18% des gaz à effet de serre mesurés en équivalents CO2, soit plus que le secteur des transports.
Que faire ? D’abord, réduire sa consommation de viande, notamment rouge. Ensuite, préférer les viandes moins intensives en CO2 (œufs, poulet de batterie ou fermier, canard, porc) sur celles qui nécessitent beaucoup plus de consommation d’énergie (bœuf, agneau, mouton, veau) et privilégier si possible les viandes bio, produites localement (ce qui limite déjà le transport et les émissions de CO2 qu’il génère)…
8. Eviter le gaspillage alimentaire
Il est loin désormais l’art qu’avaient nos ancêtres d’accommoder les restes pour les recycler en potage, quiche, ragoût, salade, pain perdu ou ratatouille. Les supermarchés donnent l'illusion d'une alimentation toujours abondante, le coût des produits a baissé avec l'industrialisation et l'approvisionnement en nourriture n’est plus en tête de nos préoccupations. Du coup, nous cuisinons ou achetons fréquemment trop à manger et c’est souvent à la poubelle que finissent les aliments… même si 2 millions de personnes en France ont encore du mal à subvenir quotidiennement à leurs besoins alimentaires. Un tiers de la nourriture produite en Europe est ainsi jetée sans être consommée et une part dérisoire de ces déchets sont compostés.
Que peut-on faire ? Il est possible de changer nos habitudes pour limiter le gaspillage. Pour cela, trois solutions : la planification des courses (faire une liste de produits à acheter en fonction de ce qui reste dans le frigo ou les placards, évaluer les justes quantités, éviter de se laisser tenter par les promotions…), une meilleure conservation (respecter la chaîne du froid, prêter attention aux dates de péremption…) et l’accommodation ou la congélation des restes. Le compost permettra de valoriser sur place les déchets organiques, réduisant d’un tiers au moins le poids de la poubelle en produisant un engrais de qualité pour le jardin.
9. Ne plus utiliser de sac plastique jetable
Apparu dans les années 60, à l’âge d’or de la consommation de masse et des supermarchés, le sac plastique est devenu le symbole de nos modes de consommation actuels et de leurs effets sur l’environnement. Les sacs plastiques sont utilisés en moyenne 20 minutes et mettent 400 ans à se dégrader dans l’environnement. Ils sont utilisés en moyenne 20 minutes et mettent 400 ans à se dégrader dans l’environnement. Issu de la pétrochimie et jetable par vocation, le sac plastique est aussi une source importante de pollution visuelle dans la nature, puisque 150 millions de sacs plastiques se retrouvent chaque année sur le littoral français. Après une initiative pionnière de l’enseigne Leclerc dès 1996, une loi interdit depuis 2010, de distribuer au consommateur final des sacs de caisse à usage unique en plastique non biodégradable.
Maintenant, on emporte un panier en osier, un filet à l’ancienne, un chariot à roulettes ou un cabas en coton (certains existent en version branchée et même en version bio et équitable) avant de se diriger vers le supermarché. Si on le peut, on vérifie que les sacs plastiques que l’on nous propose encore en caisse portent l’écolabel NF Environnement.
10. Faire ses courses à pied
De récentes études menées en Belgique ont montré qu'un consommateur parcourt en moyenne 2500 kilomètres par an pour faire ses courses, la plupart du temps pour se rendre dans des supermarchés installés en périphérie des villes – des impacts qui s’ajoutent à ceux générés par la fabrication et le transport des produits. En France, 20% de la circulation automobile en ville est liée aux achats, surtout sur de courtes distances… alors même qu’une voiture consomme et pollue 10 à 15 fois plus au cours des premiers kilomètres suivant sa mise en route.
On laisse donc la voiture à la maison et on redécouvre (à pied ou en vélo avec panier, mode de transport le plus rapide en ville pour des trajets inférieurs à 6 kilomètres) les commerçants du quartier pour tout ce qui concerne les produits frais : marchés, mais aussi bouchers, poissonniers, fromagers, magasins de fruits et légumes, etc. On prévoit d’aller une ou deux fois par mois à l’hypermarché pour y acquérir les produits encombrants et lourds dont on a besoin (packs de boissons, produits d’entretien, etc.). Pour le reste, pensez à commander par Internet ou téléphone (selon une étude Télémarket, la livraison a 8 fois moins d’impact CO2, car les livraisons sont groupées et une fourgonnette livre plusieurs clients sur un trajet).
http://www.mescoursespourlaplanete.com/
1 | 2 | 3 | 4
Document mis en ligne en juillet 2010