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> Ondes électromagnétiques : leur véritable impact sur notre vie quotidienne

 

Seuils limites et risques pour la santé

Comment sont déterminés les seuils limites d’exposition ?

Les «seuils de sécurités» officiels retenus par la plupart des autorités publiques en Europe et en France sont déterminés par la Commission internationale sur la protection contre les radiations non ionisantes (CIPRNI). Ces seuils varient selon la nature du champ (électrique ou magnétique) et sa fréquence.

Pour les champs magnétiques de fréquences extrêmement basses (50 à 60 Hz, soit la fréquence utilisée par les appareils électriques dans la vie quotidienne), le seuil limite est fixé à 100 μT pour le grand public et à 500 μT dans le monde du travail. Selon certains experts, ces valeurs ne s’appliqueraient, par exemple, dans le cas d’une exposition accidentelle de courte durée et non répétitive.

Pour les expositions chroniques en revanche, l’analyse des données épidémiologiques par le CIRC (Centre de recherche international sur le cancer) conduit à prendre en compte une autre valeur limite, celle à partir de laquelle une exposition prolongée est associée à un doublement du risque de leucémie de l’enfant : 0,4 μT. Cette valeur resterait élevée comparée aux valeurs d’exposition mesurées, dix fois plus faibles, notamment selon une étude française lancée en 2007 par la Direction générale de la santé.

Pour les téléphones portables, ce sont les doses effectives de rayonnement absorbées par l’organisme humain qui sont limitées : elles sont mesurées par l’indice DAS (Débit d'Absorption Spécifique). La législation européenne a fixé pour l’indice DAS un seuil limite de 2 W/kg.

Cette question des seuils peut sembler technique et aride… pourtant, elle fonde les débats d’experts sur l’innocuité ou la nocivité des CEM, ainsi que les réglementations ou les préconisations qui s’y rapportent.


Les CEM, quels risques pour la santé ?

Plusieurs études montrent que les CEM peuvent avoir des effets sur la santé, même à des seuils inférieurs aux valeurs limites de la CIPRNI :

- Les champs magnétiques de fréquences extrêmement basses, générés par exemple, par les lignes à haute tension, ont été classés par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) dans le groupe «2B» comme «cancérigène possible pour l’homme». Au sein de cette catégorie, on trouve les gaz d’échappement des moteurs à essence, le nickel, le plomb, les progestatifs ou le café. Ce classement fait suite à deux méta-analyses indiquant, qu’avec une exposition à des champs magnétiques moyens dépassant 0,3 à 0,4 μT, deux fois plus d’enfants peuvent développer des leucémies par rapport à une population exposée à des champs plus faibles.

- Une étude menée en 2006 par l’Université de Berne auprès de 20.141 employés des Chemins de Fer Fédéraux suisses a montré une augmentation significative des risques de démence sénile et de maladie d’Alzheimer chez les conducteurs de locomotive, plus exposés sur le long terme aux champs magnétiques que leurs collègues chefs de gare (expositions moyennes respectives de 21 μT et de 1 μT)

- Une étude menée en milieu hospitalier a montré qu’une exposition prolongée aux champs électriques pouvait augmenter les risques de maladies respiratoires, en raison de l’augmentation du dépôt dans les poumons de fines particules chargées électriquement.

- L’étude Interphone, menée dans 13 pays auprès de 14.000 personnes depuis 8 ans, indique, dans sa dernière mise à jour du 8 octobre 2008, un «risque significativement accru» de gliome (tumeur du cerveau) en relation avec l’utilisation de téléphones portables. Des symptômes non spécifiques (maux de tête, malaise, fatigue, sensation de brûlure…) sont, quant à eux, considérés comme probables. 

- Enfin, un rapport BioInitiative a été publié en 2007 par un groupe de scientifiques indépendants de différentes nationalités. Il fait le point sur les nombreuses études montrant les effets des CEM sur l’ADN (génotoxicité), la communication intercellulaire, la réparation cellulaire, la cicatrisation des tissus, l’évolution des cancers… Il conclut «que les normes actuelles édictées pour fixer les limites d’exposition du public et des professionnels aux champs basses fréquences et aux radiofréquences ne suffisent pas à protéger la santé publique »

Le principe de précaution s’impose d’autant plus que les recommandations de la CIPRNI ne tiennent compte ni des expositions à long terme, ni «d’effets cocktails» liés à des expositions à plusieurs CEM ou à des CEM combinés à d’autres facteurs de risques. 

http://www.mescoursespourlaplanete.com/TrucsVerts/

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Document mis en ligne en mai 2010

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