> En bref
La biocosmétique : souci environnemental ou opportunisme ?
Depuis les années 70’s, les consommateurs ont pris conscience des dangers liés à l’utilisation des cosmétiques. Cette évolution des mentalités a entraîné l’éclosion d’une multitude d’entreprises de cosmétiques naturels et avec elle le développement de nombreux produits « pseudo-bio ». Le consommateur est devenu moins vigilant et la référence à la nature, un fruit ou une plante avec une simple mention « à la camomille » sur le produit suffisait à faire croire qu’il s’agissait d’un produit naturel. En 2007, 139 fabricants cosmétiques ont été contrôlés pour vérifier que la mention «bio» se justifiait. Sur 47 prélèvements réalisés, 6 ont été déclarés non conformes ou à suivre à cause de la présence de produits de synthèse dans des produits qualifiés de "naturels" ou de "bio", ce qui a conduit à dresser notamment deux procès-verbaux. Les fabricants se sont donc regroupés et ont élaboré une réglementation attestant de la qualité naturelle de leurs produits. Ces labels sont précieux pour distinguer les « vraies » sociétés de cosmétiques naturels des « fausses » : le BDIH (association internationale d'origine allemande qui regroupe des professionnels dans le domaine pharmaceutique), Cosmébio, ECOCERT et Nature & Progrès.
Les grands groupes cosmétologiques s’intéressent de près au marché du biocosmétique et à son évolution comme le prouve le rachat de l’entreprise Sanoflore par L’Oréal, celui de The Body Shop par Clarins. Ce rachat est la traduction d’un incontestable passage au vert des grands groupes. Mais est-ce un réel souci environnemental ou bien un comportement purement opportuniste ?
Les produits biocosmétiques sont de plus en plus efficaces et attirent tous les jours de nouveaux consommateurs. Les ventes battent tous les records et les analystes sont très optimistes sur l'évolution du marché de la biocosmétique étant donné que les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux questions de santé et d'environnement. De plus, le secteur ne pèse, à l'heure actuelle, que 7,5% du marché de la beauté, les potentialités sont donc réelles.
Anne-Lucie Rosier Ecole Supérieur de Commerce de Toulouse - Mastère Spécialisé Marketing management
http://www.autourdubio.fr/?category/sante-bien-etre
Document mis en ligne en juin 2008