> En bref
Bronzage naturel
Pour répondre aux risques liés à la surexposition aux rayons ultraviolets A et B, l'industrie cosmétique a développé des trésors d'ingéniosité pour nous enduire le corps de crèmes dites protectrices. Mais si nous sommes très largement sensibilisés aux dangers liés à une exposition au soleil, les risques quant à l'utilisation de ces crèmes solaires sont largement méconnus. Face à ce constat, de quelles alternatives disposons-nous pour protéger notre peau ? Rappelons tout d'abord que l'exposition au soleil est indispensable à notre équilibre physique et moral. Ce qui est en cause ce n'est donc pas tant l'exposition au soleil que la façon de s'exposer : attention à la course au bronzage !
Il existe deux types de filtres UV : les filtres chimiques qui absorbent la lumière ultraviolette et les filtres minéraux, "écrans" opaques qui réfléchissent la lumière. La cosmétique conventionnelle utilise majoritairement les filtres chimiques, faciles d'utilisation mais présentant de nombreux inconvénients : efficaces qu'après 30 mn, doivent être renouvelés fréquemment, risques d'allergies importants… Surtout, ces crèmes, censées nous protéger, ne sont pas sans effet sur notre organisme et sur l'eau de baignade dans laquelle s'en dépose une bonne partie. Une étude publiée par des chercheurs suisses de l'Université de Zurich a mis en lumière l'activité oestrogénique de certains filtres UV qui pourrait favoriser le développement de cancers et provoquer des troubles du développement des organes sexuels et du cerveau.
L’alternative est d’utiliser des écrans minéraux, constitués de micro pigments (dioxyde de titane ou oxyde de zinc), qui réfléchissent les rayons nocifs. La cosmétique naturelle a recours à ces composants, efficaces immédiatement et non allergisants, pour palier à l'utilisation de filtres chimiques. Mais, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a déterminé que le dioxyde de titane, majoritairement utilisé comme composant pour les écrans, était un cancérogène du groupe 2B "susceptible d'être cancérogène pour l'humain" en cas d'inhalation. Il y a donc un risque pour les personnes qui manipulent ce composé lors de la fabrication. D'autre part, pour améliorer la texture des crèmes et éviter l'effet masque blanc sur la peau, des marques ont recours à une micronisation du dioxyde de titane en nanoparticules. En l'absence d'informations fiables sur les dangers sanitaires liés à l'utilisation des nanotechnologies dans la cosmétique, il paraît peu rigoureux d'avoir recours à celles-ci dans des cosmétiques estampillées "bio". Enfin, une recommandation de la Commission Européenne de septembre 2006 définit 4 classes de protection et prévoit l'apposition d'un nouveau logo UVA. Celui-ci indiquera que le produit solaire a un facteur de protection UVA d'au moins 1/3 de son facteur de protection UVB. Cette future obligation ne permet pas aux filtres minéraux d'atteindre la norme exigée.
La façon la plus naturelle de protéger notre corps contre les excès d'UV ne serait-elle donc pas d'apprendre à adapter notre exposition au soleil et de laisser ainsi notre corps se préparer à développer sa propre protection ? Notre peau dispose en effet de mécanismes de protection naturelle contre les effets néfastes des rayons UV (pigmentation, épaississement de la couche cornée, formation de substances anti UV naturelles…).
Pour permettre au corps de développer cette protection, il faut donc procéder à une exposition progressive au soleil (le bronzage naturel est la meilleure protection), éviter d'altérer la défense de la peau en décapant sa couche protectrice (pas de douches avant et immédiatement après l'exposition), éviter des expositions entre 11 heures et 16 heures et les expositions prolongées... En cas d'exposition directe prolongée, préférez les filtres minéraux qui ne provoquent pas d'allergies et ne polluent pas l'environnement.
http://www.eco-sapiens.com/dossier-144-Cremes-solaires_-quelle-protection-_.html?utm_source=news45&utm_medium=mail
Document mis en ligne en juin 2009