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Actualités de la vie écologique

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> Interview



Jean-Marc CARITE
JOURNALISTE ECRIVAIN, spécialiste en œnologie biologique


"Les vins issus de l’agriculture biologique
comptent parmi les mieux notés dans les concours internationaux"

Spécialiste du «vin issu de l’agriculture biologique», pouvez-vous nous expliquer ce qui se cache derrière ce terme ? Pourquoi ne pouvons-nous pas parler de vin bio ?

Nous ne pouvons pas employer le terme «vin bio» car le label AB comme le nouveau label européen ne reconnaissent pas le caractère biologique de la vinification. Il n’y a aucune obligation pour les professionnels dans ce sens. Néanmoins, certains producteurs utilisent des raisins cultivés biologiquement dans la fabrication de leurs vins. Et plusieurs centaines d’entre-eux (à l’échelle nationale) respectent, de manière individuelle et volontaire, les principes de vinification biologique imposés par des chartes privées telles Demeter, Biodyvin ou FNIVAB (aucun ajout pour la vinification, l’élevage ou la conservation, application des principes de la bio-dynamie…). Les différentes étapes de la vinification sont contrôlées de manière indépendante assurant le caractère biologique du vin de la culture à la bouteille.

Quelle est l’importance de ce secteur ?

Si l'on compte environ deux mille vignerons qui pratiquent l'agriculture biologique, signalons que leur nombre augmente régulièrement et c'est ce secteur qui enregistre, dans la bio, le plus fort taux de croissance. En Alsace, par exemple, 10% du vin est fabriqué de cette manière et les grands crus de Saint-Émilion y viennent progressivement. Le caractère biologique du vin permet de résister au marasme économique du vin français : à l’exportation, les vins qui s’en sortent le mieux sont ceux issus de l’agriculture biologique. C’est l’une des raisons (parmi d’autres) qui incitent les viticulteurs à passer en bio.
Néanmoins, les choses seraient beaucoup plus faciles pour tout le monde si il existait un label fixant clairement les principes du «vin bio».

Le vin issu de l’agriculture biologique n’a pas toujours eu bonne presse. Que peut-on en dire aujourd’hui ?

Pendant longtemps, on a, en effet, pensé que le «vin bio» n’était pas de bonne qualité. On constate aujourd’hui qu’il n’en est rien : les vins issus de l’agriculture biologique comptent d’ailleurs parmi les mieux notés dans les concours internationaux. La vendange se fait à une excellente maturité, le vin ne contient pas de produit chimique, il est plus concentré, respecte un très bon équilibre entre sucre, tannins et acidité. Si, au départ, la matière première est meilleure, le talent du vigneron entre tout de même en ligne de compte quant au résultat final.

On évoque la mise en place prochaine d’un label «vin biologique». Où en est-on ?

L’Union européenne travaille depuis la fin des années 80 à l’élaboration d’un cahier des charges qui prendrait en compte les caractéristiques d’une vinification biologique. On pensait cette nouvelle réglementation effective pour les prochaines vendanges, mais le projet est au point mort. Les 27 pays, dont l’accord est indispensable, n’ont pas trouvé de terrain d’entente, notamment concernant la régionalisation de la réglementation (principe européen de subsidiarité renvoyant chaque région à la réglementation la plus probante pour elle) : c’est difficile de mettre en commun des pays et des régions avec des principes de vinification différents.
A l’heure de la mise en place d’un nouveau logo européen pour les produits bio, plus restrictif et ne reconnaissant pas la vinification bio, la profession aurait souhaité la mise en place du label «vin bio». La situation n’est, somme toute, pas dramatique : les logos des chartes privées sont de plus en plus repérés par les consommateurs (qui, pour nombre d’entre eux, ne reconnaissent pas le logo européen). On ne peut qu’inciter les vignerons à adopter leurs principes.

Quelques mots sur votre actualité pour terminer ?

Une activité littéraire dense en ce début d'été : je viens de publier mon premier "polar vin bio" (Pourriture noble et vengeance tardive…) et je travaille sur la quatorzième édition de mon guide des Bonnes adresses du vin bio, à paraître en novembre (pour les découvrir : www.utovie.com).
Pour l'automne, sans doute une visite aux amis(e)s producteurs présents au Salon Viv'Expo de Bordeaux. Ce Salon, qui essaie de fédérer les professionnels du secteur, a le mérite de s'ouvrir aux viticulteurs. Même si les visiteurs ne viennent pas spécifiquement pour acheter du vin, il est important de créer ce type de convergence entre les différents acteurs de la bio et le grand public


Document mis en ligne en juillet 2010

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