> Interview
SARL JEAN HERVE
Jean Hervé, créateur et gérant
"Je voulais faire quelque chose pour un développement responsable et solidaire,
mais surtout connaître l’utilisation faite de mon argent. "
Pouvez-vous nous présenter votre société ?
J’ai crée la SARL JEAN HERVE il y a plus de 30 ans. Elle élabore des compositions 100% biologiques à base de fruits secs, céréales et oléagineux, sélectionnés à travers le monde. Dans les années 70, la société commercialisait des produits issus de l’agriculture biologique et biodynamique. C’était l’époque baba cool et le début des produits macrobiotiques. A l’époque j’ai souhaité créer un village d’artisans pour promouvoir ces produits. Mais c’était compliqué et la démarche n’a pas aboutie. Le concept était peut-être trop en avance. Je n’ai pas abandonné pour autant mes idéaux et j’ai, petit à petit, développé mon activité autour de trois axes : le commerce de fruits, de purées (amandes, noisettes et sésame) et de produits d’alimentation végétarienne pour les enfants. La SARL JEAN HERVE propose aujourd’hui une cinquantaine de produits et emploie 22 personnes. Je travaille avec des producteurs de Sicile, les mêmes depuis 25 ans, et commercialise mes produits en France, en Allemagne, en Italie (produits bruts) et en Belgique… La société est maintenant devenue familiale.
Vous avez développé depuis le départ une démarche écologique et environnementale ?
L’écologie et le développement durable ont toujours été une philosophie à part entière chez moi. La prise de conscience générale qui prévaut actuellement n’est pas nouvelle. Dans années 70, tous les concepts que l’on croit inventer actuellement étaient déjà en germination. Tous ceux qui, comme moi, voulaient développer les cultures biologiques et macrobiotiques le savent bien. On s’intéressait déjà à une alimentation saine, au partage des ressources entre tous, aux économies d’énergie. Maintenant c’est dans l’air du temps car on a laissé la situation se dégrader. Moi je n’ai pas changé de cap depuis la création de ma société. J’ai toujours une structure artisanale respectueuse de la matière première : les outils sont d’époque, j’utilise le feu de bois pour sécher ou dorer les fruits à basse température et une meule en pierre pour presser et broyer selon la texture souhaitée. Les tâches sont effectuées à la main par des employés du village formés aux méthodes traditionnelles. L'élaboration des recettes ne nécessite pas de cuisson, mais seulement un séchage des fruits secs. Les composants gardent ainsi toutes leurs qualités nutritives. Mes valeurs sont aujourd’hui partagées par l’ensemble du clan familial et ensemble nous essayons d’aller encore plus loin.
Vous êtes également engagé dans une politique de développement durable et d’aide aux enfants d’Haïti. Dites-nous en un peu plus.
En fait, je suis engagé dans une démarche de commerce solidaire avec Madagascar depuis presque 5 ans. Je voulais faire quelque chose pour un développement responsable et solidaire, mais surtout connaître l’utilisation faite de mon argent. Je reverse donc 1% de mon chiffre d’affaire pour construire des écoles, collèges ou orphelinats, impulser des projets de développement agricole, etc. Mais, c’est devenu compliqué d’intervenir sur place, nous allons donc arrêter les projets de construction (des projets de développement se poursuivent néanmoins). En 2008, nous avons mis en place un nouveau partenariat. Nous avons, en effet, décidé d'apporter notre aide à la fondation Aide aux Enfants d'Haïti. Comme pour Madagascar, nous reverserons 1% de notre CA pour construire une école et un lycée agricole. Parallèlement nous sommes engagés dans des démarches de commerce équitable, via des grossistes labellisés.
Nous vous retrouverons à Rennes les 21, 22 et 23 novembre prochains. Qu’attendez-vous du salon Viv’expo ?
Les salons dédiés à la vie écologique sont pour moi la meilleure opportunité pour faire connaître et apprécier mon concept. A Rennes, je ferai déguster de nombreux produits aux visiteurs. Cela me permet, d’une part, de faire taire les fausses rumeurs sur la qualité des produits biologiques et, d’autre part, de tester les nouveautés directement auprès des consommateurs. Le salon sera également l’occasion de sensibiliser le grand public au commerce solidaire à Madagascar et Haïti. J’aimerais aussi susciter des envies d’intervenir chez d’autres entrepreneurs. Le développement durable et le commerce solidaire intéressent tout le monde, mais ils sont peu nombreux à intervenir de manière concrète.
Document mis en ligne en septembre 2008