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L'écolabel européen encore trop rare dans l'hôtellerie !
Si la mode est au tourisme responsable, les hôtels français sont à la traine. L’écolabel européen, qui récompense une démarche respectueuse de l’environnement, n’a été attribué qu’à 28 établissements en France depuis 2006. La démarche est-elle encore trop complexe pour le secteur de l’hôtellerie ?
Crée en 1992, l’écolabel européen s’est ouvert aux services en 2003. Pourtant, aujourd’hui, seuls 28 établissements de tourisme hôtelier en France ont reçu ce label, dont 3 à Paris. Et pour cause : la démarche est loin d’être naturelle pour le secteur de l’hôtellerie, habitué à choyer ses clients à tout prix.
Nombreux responsables hôteliers sont rebutés par le cahier des charges. Pour le secteur, le référentiel de l’écolabel comporte 84 critères regroupés en 5 grands axes (réduction de la consommation d’eau, d’énergie, tri des déchets, sensibilisation et utilisation de produits écologiques), dont 37 critères obligatoires et 47 optionnels. Pour obtenir le label, l’établissement doit valider tous les critères obligatoires et obtenir au moins 16 points parmi les critères optionnels. Une fois le label décerné par l’Afnor certification, l’organisme qui gère le label en France, l’établissement est audité tous les deux ans.
L’axe le plus difficile à améliorer reste l’énergie. Mais de nombreux détails spécifiques au secteur de l’hébergement touristique font également partie des critères du référentiel : utilisation limitée de détergents, saunas équipés de minuteries, ampoules à faible consommation d’énergie, tri sélectif des déchets, interdictions des produits jetables, des échantillons ou des portions individuelles au petit-déjeuner. Les serviettes de bain ne sont plus changées tous les jours mais toutes les semaines et le débit des robinets de douche est réduit. "Le nouveau défi, c’est de montrer au client qu’il ne va pas pâtir de ces améliorations écologiques, et qu’il va en avoir pour son argent" explique Alain Condy, Directeur du Best Western Premier Regent’s Garden. Pour cela, il faut redoubler d’ingéniosité. Pour des établissements de haut standing, combiner respect de l’environnement et confort des clients n’est pas toujours facile : il manque de produits professionnels sur le marché.
La recherche du produit parfait prend du temps, mais ne coute pas nécessairement plus cher, selon Alain Condy. "Le référentiel nous sert de grille de lecture pour l’achat de matériel : on achète intelligent, on anticipe et on globalise les couts". L’écolabel européen est une obligation de résultats, moteur pour les hôtels, mais aussi pour leurs fournisseurs. La communication client est l’un des critères obligatoires du référentiel de l’écolabel. Mais la encore, elle n’est pas facile à intégrer au cadre feutré d’un hôtel de luxe.
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Document mis en ligne en févier 2009